NW Energy prévoit d’installer 200 MW de batteries dans l’Hexagone d’ici mi-2019

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(Crédit : NW Energy)

La fermeture programmée des centrales à charbon et la production croissante d’électricité d’origine renouvelable à caractère variable vont-elles ouvrir pour de bon le marché du stockage dans l’Hexagone ? Certains développeurs d’EnR le croient. Après Neoen qui a annoncé hier une batterie de 6 MW/6 MWh dans les Landes en service au printemps prochain, au tour de NW Energy de présenter ses ambitions.

Pionnière des EnR ultramarines, la société est en train de défricher le secteur du stockage en métropole, en commençant par le créneau de la régulation de fréquence pour RTE. Elle ...

présente aujourd’hui une première batterie à Jonzac (Charente-Maritime), d’une capacité non dévoilée mais vraisemblablement autour de 1 MW/1 MWh, selon des experts du stockage. Les appareils sont en fait en service depuis septembre, ce qui autorise Yves Jégo, nouveau directeur général de NW, à les qualifier de « première unité de stockage d’électricité connectée au réseau ». Ils restent en cours de certification par RTE, les tests devant être terminés d’ici la fin de l’année.

Mais NW Energy voit plus grand puisque dans les semaines qui viennent, quelque 100 MW de projets stockage, déjà autorisés à l’heure actuelle, devraient être déployés dans le pays. Le total atteindra 200 MW d’ici juin 2019, affirme le développeur, sur un nombre de sites encore tenu secret.

150 à 250 M€

Le tout représente un investissement important mais non précisé, Yves Jégo évoquant quand même une fourchette entre 150 et 250 M€, en fonds propres et prêts bancaires. Trois financeurs sont déjà associés à l’opération de Jonzac, le CIC, Neuflize OBC et RGreen Invest, lequel matérialise ici sa nouvelle stratégie d’investissement élargie au stockage. « Nous sommes propriétaires de l’ensemble des projets et restons 100% indépendant », affirme Jean-Christophe Kerdelhué, fondateur et président de NW Energy. Dans de tels cas de figure, qui correspondent à des opportunités de marchés identifiées en amont par les développeurs, ceux-ci procèdent souvent ensuite à des ventes d’actifs ou y font entrer des partenaires financiers. A Jonzac, la SEM locale Energies Midi Atlantique pourrait prendre une petite participation dans la société de projet.

Agrégateur associé

Outre le développement sur le terrain, NW s’est aussi attelé à la maîtrise et au pilotage des batteries et va ainsi prendre en charge l’energy management system (EMS). En revanche, la commercialisation est partagée avec Energy Pool, connu comme opérateur d’effacement mais qui est aussi agrégateur. Une compétence qui peut se révéler précieuse pour acheter et vendre sur le marché au bon moment l’énergie des batteries, en plus des rémunérations issues des services de soutien de fréquence. Cela dit, sur ce secteur encore neuf, bon nombre de paramètres restent à renseigner. « RTE va bâtir un modèle à partir des résultats de nos batteries. Nous, en tant que développeurs, nous prenons des risques, nous sommes dans le concret », formule Yves Jégo.

L’ancien ministre de l’Outre-mer (2008-2009) accompagne donc Jean-Yves Kerdelhué, entrepreneur défricheur des EnR aux Antilles, propriétaire d’un portefeuille de plus 20 MW EnR installés ; fin 2017, il détenait aussi un pipe à construire de 35 MW issus de récents appels d’offres. Sa société n’est pas novice dans le stockage. En 2011, elle avait décroché lors du tout premier AO ZNI solaire avec stockage un premier projet en Guyane, celui de la centrale solaire (4,8 MW) avec stockage (4 MWh) de Montjoly. Un succès réédité cette année à l’occasion de l’appel à projets inédit de la Commission de régulation de l’énergie, sur le stockage d’électricité centralisé cette fois. Trois projets en Guadeloupe et en Guyane figurent parmi les onze lauréats. Yves Jégo annonce qu’ils seront mis en service l’année prochaine.