L’usine de BoostHeat vise 2000 à 3000 chaudières pour 2019

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(Crédit : Boostheat)

Ce n’est pas tous les jours que s’ouvre une usine en France. BoostHeat vient de le faire à Vénissieux, près de Lyon. Ce fabricant de chaudières à fort rendement et faible consommation, basé sur une alliance entre le gaz, la pompe à chaleur et la compression thermique y fabrique pour l’instant entre 3 et 5 machines
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par semaine mais est dimensionné pour un volume de 50 000 annuelles. Une production de 2 000 à 3 000 unités est attendue pour l’année prochaine.  

18 000€ pose comprise

Optimiste, l’entreprise emploie maintenant une centaine de personnes, dont 15 techniciens sur la ligne de production. « Nous sommes en rodage et notre équipe technique se consacre en partie à la vérification des pièces en amont de la production et à celle des chaudières en aval », explique Sabrina Ferré, attachée de direction. Originalité, l’entreprise commercialise en direct sur internet et non via les artisans et annonce recevoir quelque 200 appels par jour, en provenance de particuliers. Ils souhaitent s’informer sur le produit, dont le fonctionnement n’est pas si simple à comprendre – lire encadré -, et surtout sur son rapport qualité-prix, étant donné un tarif de pas moins de 18 000€ pose comprise. « La facture énergétique est divisée par deux par rapport à une chaudière à gaz et par trois en comparaison d’un appareil au fioul. C’est notre premier argument. Le second porte sur les aides, crédit d’impôt et certificats d’économies d’énergie (CEE), qui nous amènent à 12 000 €, c’est-à-dire le budget total pour une pompe à chaleur – qui elle-même donne droit à des aides, NDLR- », explique Sabrina Ferré.

Diminuer les prix

BoostHeat vise le segment des gros consommateurs, supposés faire des économies rapidement. Mais du coup, sa chaudière de 20 kW dispenserait-elle d’investir dans l’isolation des bâtiments ? Sabrina Ferré affirme que non, les clients feront juste encore plus d’économies, y compris sur leurs frais d’eau chaude sanitaire. « Mais nous savons bien que nous devons rendre le produit plus accessible. C’est notre sujet majeur », concède Sabrina Ferré. En précisant qu’il est aussi possible de louer la chaudière (179€/mois) et qu’une version plus légère n’est pas exclue dans quelques années. Le temps pour la production actuelle de monter en puissance et de diffuser l’appareil en Suisse, en Belgique et même en Allemagne, pays de Viessmann et Vaillant où Boostheat a osé ouvrir une filiale de 4 personnes, à Nüremberg. 

Le temps aussi de trouver la rentabilité, espérée avant 2023. Pour l’instant, l’entreprise, encore détenue majoritairement par ses deux fondateurs Jean-Marc Joffroy et Luc Jacquet, ne prévoit pas de nouvelles levées de fonds mais attend de nouveaux financements, sans préciser lesquels. Depuis sa création en 2011, elle a collecté 37,3 M€, dont 17,1 M€ en fonds propres, le reste en prêts, avances remboursables et subventions. « De ce point de vue, nous sommes encore un peu en mode start-up », formule Sabrina Ferré.

Un marché plus porteur

Vu son positionnement tarifaire, la chaudière BoostHeat se compare aux pompes à chaleur. Lesquelles ne se portent pas si mal sur le marché. En 2017 et selon les données d’Uniclima, les ventes de modèles air/air ont augmenté de 8%, pour 483 912 appareils et les air/eau affichent +12% avec 88 000 unités. En revanche, les PAC géothermiques – les plus performantes – continent à s’effondrer (2 489 ventes contre 19 000 en 2007). Les chauffe-eaux thermodynamiques progressent de 10% (89 000 pièces). Les nouvelles mesures de soutien en 2019 – Crédit d’impôt muté en prime avant travaux, CEE probablement revalorisés… – vont-elles accélérer le mouvement, sachant que l’annulation de la hausse de la taxe carbone risque de freiner les conversions ?

Trois procédés combinés
La machine thermodynamique de cette PME allie une chaudière gaz à condensation et une PAC air. Elle récupère de l’air réchauffé par une pompe à chaleur puis utilise un compresseur thermique à gaz pour liquéfier du CO2, qui passe ensuite dans le condenseur pour le chauffage et l’eau sanitaire ; un ballon est inclus. L’efficacité énergétique du procédé serait exceptionnelle : une puissance de 20 kW équivaudrait à une chaudière gaz conventionnelle de plus de 30 kW.