Le tchèque EPH veut reprendre les activités d’Uniper en France

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(c) Uniper

Uniper et Energetický a pr?myslový (EPH), entament des négociations exclusives pour la vente des activités de la compagnie allemande en France. Cette dernière indique avoir pris cette décision dans le cadre de la revue stratégique initiée lors de l’annonce de ses résultats du 1er semestre 2018. Pour le groupe tchèque EPH, présidé par Daniel Kretinsky qui a récemment investi dans le quotidien Le Monde, cette acquisition lui permettrait de mettre un pied en France, et la main sur des actifs de production moins carbonés que son propre mix électrique.

Pas de compensation

La prochaine étape du processus de négociations exclusives consistera à ...

lancer une consultation (obligatoire) avec les représentants du personnel, et à demander les autorisations administratives. Uniper compte entamer ces procédures en janvier. Le groupe allemand rappelle que ce n’est qu’à l’issue de ce processus qu’une vente éventuelle pourra le cas échéant être conclue.

Si tel était le cas, EP Power Europe, la filiale d’EPH, mettrait la main sur un portefeuille d’actifs de production composé de 6 parcs éoliens et 2 centrales solaires cumulant 90 MW environ, deux tranches gaz (CCGT) de 420 MW chacune (Saint-Avold) et une tranche biomasse de 150 MW (Gardanne). Sans oublier bien sûr les deux tranches charbon de 600 MW chacune situées sur un des deux sites, et dont la fermeture est programmée au plus tard en 2022, conformément au choix du gouvernement. Interrogé par GreenUnivers, un porte-parole du groupe à Düsseldorf explique : « Les centrales thermiques représentent la moitié de notre activité en France. Depuis notre arrivée en 2009 et la reprise des activités des Charbonnages de France et de la SNET, Uniper a investi 1 milliard d’euros, notamment dans la conversion d’une unité à la biomasse. Or, nous n’avons reçu aucune compensation pour la fermeture programmée de ses deux tranches qui s’ajoutent à cinq autres déjà arrêtées. Nous devions prendre une décision ».

Uniper avait lancé en novembre un appel à initiatives, clos à peine un mois plus tard, pour envisager de nouvelles activités industrielles. Le groupe confirme avoir reçu des propositions et en tirera un bilan en janvier. Reste à savoir si EPH aura la même volonté de développer ces alternatives sur site…

EP Power Europe s’intéresse à la France

Malgré la fermeture programmée des deux tranches charbon, l’opération semble visiblement intéresser EP Power Europe. La filiale du groupe tchèque est divisée en trois branches : production électrique, renouvelables et comme beaucoup d’électriciens de l’Est, une division mine pour alimenter ses nombreuses centrales thermiques. Le mix de production électrique du l’entreprise est constitué à près de 80% d’énergies fossiles, charbon et lignite en tête. EP Power Europe est actif en Slovaquie, Allemagne, Italie, et au Royaume-Uni.

EP Power Europe n’est pas le seul groupe tchèque à s’intéresser de près à la France. CEZ, l’électricien national, a montré également un intérêt prononcé pour l’Hexagone ces derniers mois.