La méthanisation en mode mini n’a pas dit son dernier mot

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(Crédit : Paris&Co)

La petite méthanisation n’a pas encore émergé en France – en Chine des dizaines de millions d’appareils rustiques sont en service – mais elle n’a pas renoncé pour autant. En témoignent les ambitions de Tryon, entreprise innovante parisienne fondée en 2014, lauréate de la GreenTech Verte et employeur aujourd’hui d’une dizaine de personnes.

Comme le britannique Seab Energy ou le bureau d’études français Bee & Co, Tryon estime que la méthanisation de petit gabarit, installée au plus près des producteurs, c’est-à dire des entreprises de la grande distribution, des points de collectes de déchets de la restauration, des stations d’épuration des petites communes, réserve de belles perspectives. D’autant que la réglementation doit imposer ...

d’ici 2025 le traitement spécifique de tous les déchets alimentaires.

Premier projet en région parisienne

Tryon propose ainsi des méthaniseurs dimensionnés pour traiter chacun 250 tonnes de déchets organiques par an, hébergés dans des containers. Déployés en série, ils peuvent gérer entre 1 000 et 8 000 tonnes d’intrants par an. Un premier projet se prépare dans les Yvelines, à partir des déchets alimentaires de collèges et pour la production de biométhane, prévu pour janvier 2020. « Un projet de méthanisation miniature n’implique pas de verrouiller à l’avance de multiples et volumineux flux d’intrants. Il peut être déployé entre 8 à 12 mois », explique Sébastien Gacougnolle, co-fondateur de Tryon.

Autre avantage, cette méthanisation ultra locale contribue à atténuer la logistique des déchets : « les biodéchets voyagent encore beaucoup en France », regrette le dirigeant qui signale à titre d’exemple que 60% des biodéchets de Lyon sont traités en Ile-de-France. Il croit d’autant plus à sa solution que la Programmation pluriannuelle de l’énergie vient de mettre un coup de pression sur les coûts futurs du biométhane, appelés à viser 67€/MWh le plus rapidement possible : « Si les chiffres d’affaires des projets sont vigoureusement tirés vers le bas, les technologies et les développeurs vont devoir s’adapter plus rapidement aux réalités du terrain. Les digesteurs de grande capacité, peu adaptables, risquent d’être bloqués. Pas les nôtres, que l’on peut facilement profiler en fonction des filières, biodéchets, agricoles, stations d’épuration », affirme Sébastien Gacougnolle.

Il confie qu’une levée de fonds est en cours (1,5 M€ recherché) pour Tryon de même qu’un financement bridge, pour progresser vers les premières installations commerciales.