En Ecosse aussi, parcs éoliens et radars font mauvais ménage

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(Crédit : RAF)

Les développeurs éoliens français et leurs associations professionnelles ne sont pas les seuls à être confrontés aux contraintes des radars, militaires et civils. Pourtant réputée plus souple sur le sujet que son homologue tricolore, la défense britannique vient de monter au créneau sur un méga-projet éolien terrestre prévu pour  l’archipel écossais des Shetlands. Le consortium Viking Energy souhaite y augmenter de 10 mètres la hauteur des futures 103 turbines prévues et la porter à 155 mètres. Une demande a été formulée à cet effet en novembre auprès du gouvernement écossais. Impossible, prévient le ministère de la Défense, qui est intervenu cette semaine auprès du consortium.

Un nouveau radar peu accomodant

Installé à 284 mètres de hauteur sur la colline Saxa Vord, point culminant de l’île d’Unst et station radar historique pour la Grande-Bretagne, 
héritée de la guerre froide, le dispositif de surveillance ...

verrait sa « capacité à détecter un avion volant au-dessus ou à proximité des éoliennes, réduite. La prolifération des turbines à certains endroits peut déboucher sur une dégradation inacceptable de la capacité opérationnelle du radar », avertit la défense de Sa Majesté, dans un contexte de nouvelles tensions avec la Russie qui a justement motivé la réinstallation d’un radar à Unst l’année dernière.

Le problème pour le consortium Viking Energy est que son projet éolien est développé depuis 2007 et autorisé depuis 2012… Mais la Royal Air Force peut aussi objecter que l’augmentation de la hauteur des machines n’était pas non plus prévue à l’époque. La lettre du ministère avertit d’ailleurs que toute modification du projet doit faire l’objet d’une consultation de l’armée.

Un projet ambitieux

Le parc éolien de Viking Energy souhaite se doter de turbines de 3,6 MW pour une puissance visée de 370 MW contre 457 MW initialement prévus avec un effectif de 150 machines. Le consortium développeur, formé il y a onze ans, est composé à 50/50 de l’énergéticien SSE et du fonds d’investissement communautaire local Shetland Charitable Trust (alimenté au départ par les revenus du pétrole). La production du futur parc permettrait d’alimenter 355 000 foyers, ce qui excède assez largement les besoins électriques des Shetland, dont la population culmine à 22 000 personnes. Une interconnexion sous-marine est donc prévue pour rejoindre au sud les Highlands écossais, éloignés de 250 km.