Neuf entreprises sur dix recrutent en 2018

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[1er volet de notre dossier sur le recrutement dans les entreprises de la transition énergétique]

(c) Pixabay

Les entreprises de la transition énergétique embauchent à tour de bras, surtout des cadres : c’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par GreenUnivers via un questionnaire auquel ont répondu plus de 100 sociétés des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, de l’écomobilité ou encore de la finance verte (voir la composition du panel plus bas). Les données recueillies permettent de dessiner quelques grandes tendances du marché de l’emploi dans la transition énergétique en 2018.

20% des entreprises embauchent plus de 15 salariés

Le constat est clair : 94% de sociétés ayant répondu ont embauché au moins un salarié en 2017 et 97% ont prévu de faire de même en 2018. La moitié d’entre elles (53%) ont intégré entre 1 et 5 personnes, ce qui ne semble pas illogique au regard de la grande proportion de petites entreprises représentées. A noter néanmoins qu’un quart d’entre elles ont recruté plus de 15 salariés en 2017, à l’image d’Effy, groupe spécialisé dans la rénovation énergétique, qui a recruté plus de 80 personnes sur l’année. La tranche 1-5 embauches reste plébiscitée (59%) en 2018, la proportion des entreprises souhaitant engager entre 6 et 15 salariés augmente (de 15 à 18%), alors que celle des 15 embauches et plus diminue (19%). Des statistiques flatteuses qui rendent compte du dynamisme du secteur mais qu’il convient de nuancer quelque peu, certaines entreprises en difficultés n’ayant pas répondu au questionnaire.

(c) Romain Chicheportiche

Des postes directement en CDI

Les profils les plus recherchés sont les cadres, 8 offres sur 10 les concernent. Un chiffre à mettre en perspective avec les statistiques de l’Apec : 63% des entreprises ont recruté au moins un cadre au 3ème trimestre 2018. Le manque de main-d’œuvre est tel que l’écrasante majorité des offres (86%) concernait en 2017 des contrats à durée indéterminée (CDI), un chiffre qui s’élève à 95% en 2018. « Sur un marché de l’emploi tendu comme le nôtre, le contrat à durée indéterminée est devenu la norme. Mais il faut offrir d’autres avantages comme le télétravail et les parcours personnalisés, pour attirer les candidats. Malgré cela, nous avons encore une quarantaine de postes à pourvoir », constate Sabine Parisis, directrice des Ressources Humaines du groupe Effy.

Des profils difficiles à trouver

Les entreprises ayant répondu au questionnaire déclarent dans leur majorité éprouver des difficultés à recruter. Le nombre de candidatures pertinentes ne suit pas le développement de la filière, ce qui génère un embryon de pénurie. Un phénomène, qui confirme les résultats d’une étude de Pexe parue en début d’année sur le recrutement dans les entreprises des cleantech en Ile-de-France et qui s’est traduit ces dernières années par une hausse des salaires et une accélération du turn over dans les entreprises, les opportunités de carrière se multipliant.

Les profils en tension sont nombreux et la variété des réponses apportées ne permet pas de mettre en avant un ou deux postes en particulier. Les entreprises évoquent des difficultés à recruter des ingénieurs, commerciaux, chefs de projet, responsables prospection, développeurs informatiques ou encore beaucoup de métiers liés au numérique. Les candidats aux fonctions de développement d’EnR ainsi que les profils à dimension financière font également défaut. A noter que bien que minoritaires en nombre, les profils techniques (non cadres) compétents dans des domaines clés comme l’électronique de puissance ou l’électrotechnique sont eux aussi difficiles à trouver.

Pour dénicher la perle rare, les entreprises utilisent plusieurs outils. Epoque oblige, les réseaux sociaux spécialisés (Linkedin, Viadeo) ou plus généralistes (Twitter, Facebook) sont devenus l’outil privilégié (80%) des recruteurs. Ils arrivent devant les annonces publiées sur site et le traditionnel, mais toujours efficace, bouche à oreille (75%).

Un panel à dominante EnR

Plus de la moitié (53%) des 103 entreprises ayant répondu déclarent être actives dans les énergies renouvelables, 15% sont des cabinets de conseil/étude, 9% sont dans l’efficacité énergétique, 6% dans les métiers de la gestion intelligente de l’énergie et 4% dans la finance.

(c) Romain Chicheportiche

Des entreprises de toutes tailles ont répondu au questionnaire, de la TPE du sud de la France aux grandes multinationales françaises de l’énergie. 43% sont de petites structures (<20 salariés), 23% sont des entreprises de plus de 100 salariés. A noter la présence d’un tissu significatif (un tiers – 34%) de PME (effectif compris entre 10 et 100 salariés), qui pour certaines ont déjà franchi les frontières de l’Hexagone et s’exportent à l’international.

(c) Romain Chicheportiche