L’éolien en mer, naufragé de la PPE

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Crédit Orsted (ex Dong Energy)

Avec l’efficacité énergétique, l’éolien en mer est le grand perdant de la nouvelle politique énergétique française présentée ce matin par Emmanuel Macron et déclinée sous la forme d’une Programmation pluriannuelle pour 2023 puis 2028. Dans cinq ans, le gouvernement prévoit 2,4 GW de puissance installée pour l’offshore (ce qui est moins que dans la précédente version de la PPE, qui visait 3 GW…) avec un doublement cinq ans plus tard en 2028. « Le compte n’y est pas », considère Pauline Lebertre, déléguée générale de France Energie Eolienne.

L’association ...

des professionnels de l’éolien souhaitait 10 GW installés en une décennie et fait remarquer que cet objectif de 2,4 GW suppose même que l’un des parcs lauréats en 2012 ou 2014 ne soit pas raccordé dans cinq ans. Elle craint désormais que le développement de la filière soit « sabordé et que le gouvernement renonce au potentiel énergétique, industriel et territorial de l’éolien en mer». FEE a en effet déjà fait ses calculs : déduction faite des appels d’offres (AO) de 2012 et 2014 et de celui en cours pour la zone au large de Dunkerque, et compte tenu des fermes éoliennes flottantes pilotes, il reste moins de 2 GW, soit trois ou quatre parcs posés ou flottants à construire pendant les dix ans qui viennent ; pas de quoi alimenter une filière industrielle.

En parallèle de la présentation officielle de la PPE, le ministère de la Transition écologique et solidaire a travaillé sur un calendrier d’appel d’offres sur la période, qui n’a pas encore été rendu public. Il prévoit :

  • Un AO de 1 GW pour l’éolien en mer posé en 2020, dont un projet sans doute situé dans la Manche.
  • Un AO pour 250 MW flottant en Bretagne en 2019. Ce serait le tout premier appel d’offres commercial pour l’éolien flottant. Mais aussi le seul nouveau projet proposé l’année prochaine, hormis Dunkerque qui aurait du être lancé en 2018.
  • Un autre appel d’offres éolien flottant pour 250 MW en Méditerranée en 2020.
  • Un dernier appel d’offres conséquent en 2023/2024 pour l’éolien en mer posé, pour 1,5 GW.
  • 500 MW/an seront proposés ensuite, sans préjuger des technologies qui pourront être posées ou flottantes.

Interrogée sur cet agenda, Pauline Lebertre fait remarquer que le temps de développement d’un projet avant sa mise en service est de sept ans et souligne donc l’importance de la première période de la PPE, d’ici 2023 : « Nous avons recommandé au minimum 1 GW par an et si possible 2 GW  ». L’association professionnelle souhaite engager le plus vite possible une discussion sur le sujet avec le MTES.