Eolien flottant : mobilisation à Narbonne pour 250 MW dès 2019

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(c)EolMed

Aujourd’hui, Narbonne aurait aimé être… à Dunkerque. Le Premier ministre a lancé dans le port nordique la compétition pour un parc éolien offshore de plusieurs centaines de mégawatts. C’est justement pour se trouver un jour dans cette position que la région Occitanie organisait ce matin dans la capitale de l’Aude une convention réunissant les acteurs publics et privés de l’éolien flottant, baptisée « Souffle d’Occitanie ».

Carole Delga, présidente de la région, y a réaffirmé son espérance de voir 1,5 GW en service en 2030. Et présenté le « Pacte de Narbonne », qui est à la fois ...

une pétition à signer sur le site de l’agence de développement régionale Ad’Occ et un ensemble de demandes adressées au gouvernement.

Convaincre de la baisse des coûts

Théâtre pour l’instant de deux projets de fermes pilotes annoncées pour 2021 (EolMed de Lucia et EFGL d’Engie-EDPR), l’Occitanie veut maintenant un appel d’offres commercial pour l’éolien flottant dès l’année prochaine, sur 250 MW et intercède aussi pour la Bretagne et la région Sud, avec un AO de 750 MW en tout. « Cet appel régional est une première en France et synthétise le message fort que veut envoyer l’Occitanie, après l’Appel de la Méditerranée adressé par plusieurs régions en juillet, analyse Matthieu Monnier, responsable du pôle industrie, offshore, techniques et territoires de France Energie Eolienne.

Pas moins de 750 MW programmés l’année prochaine ? Ce n’est vraiment pas gagné. France Energie Eolienne, le Syndicat des énergies renouvelables, Engie ont tour à tour constaté ces dernières semaines qu’aux yeux de Bercy, l’éolien flottant cumulait deux handicaps : un prix élevé et aucun retour d’expérience de grande échelle en Europe, même si des projets tournent ou avancent  en Ecosse et au Portugal, voire en Norvège. Pour contrer cette opposition des argentiers de l’Etat, le pacte de Narbonne réaffirme pour sa part que « selon les industriels de la filière, l’éolien flottant peut atteindre un prix de l’électricité de 60 €/MWh à dix ans, à condition de bénéficier d’un volume suffisant d’ici là. Comme pour tout autre mode de production, pour engager une baisse des coûts et atteindre sa pleine compétitivité, l’éolien flottant a besoin de visibilité sur des volumes significatifs pour son lancement et ce dès 2019. »

La région prend aussi le mors aux dents, avec des contacts entre Carole Delga et le cabinet d’Emmanuel Macron à ce sujet. Elle met en avant son propre engagement financier : d’une part les 180 M€ déjà prévus pour aménager Port-La-Nouvelle et de l’autre la future création d’une Semop (société d’économie mixte à opération unique) pour investir plus lourdement lorsque les appels d’offres commerciaux arriveront. Cette Semop vise à rassembler des capitaux publics et privés pour construire les infrastructures et compte sur les fabricants et développeurs de l’éolien flottant pour contribuer.