Vattenfall se tourne vers le grand public français et prépare d’autres offensives

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(Crédit : Vattenfall)

Présent en France depuis 2000 dans la vente d’électricité aux grands consommateurs et depuis 2015 sur le segment des PME, Vattenfall va s’adresser à partir d’aujourd’hui aux particuliers. Il vient donc s’ajouter à la trentaine de fournisseurs qui sapent déjà la forteresse EDF. L’énergéticien suédois prévoit d’investir au moins plusieurs dizaines de millions d’euros à cette fin, dans les trois ans qui viennent. Il vise plusieurs centaines de milliers de clients dans 5 ans. La structure emploie pour l’instant une trentaine de personnes.

Zéro carbone mais pas vert

L’argument commercial est avant tout tarifaire : Vattenfall promet -12% par rapport aux tarifs réglementés. « Ce seront de vraies économies en euros – sous entendu pas des bons d’achat Leclerc -, l’offre sera valable tout le temps – pas seulement le week-end – et ne changera pas ultérieurement, car il ne s’agit pas d’un prix d’appel », explique Henri Reboullet, PDG de Vattenfall Energies. Ce positionnement agressif a dissuadé ...

Vattenfall de s’approvisionner exclusivement en électricité d’origine renouvelable, considérée comme trop chère pour l’instant. Ce sera donc surtout de l’électricité nucléaire, fournie par EDF via le sourcing de l’Arenh (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique), de l’hydroélectricité et un peu de gaz et charbon, lesquels seront « compensés » par l’achat de garanties d’origine.

Ce mix autorise le groupe à vanter un positionnement zéro carbone dans la campagne de publicité lancée ce mois-ci. Mais une offre 100% renouvelables est quand même dans les cartons, « elle arrivera un peu plus tard », selon Henri Reboullet. Une suite logique en fait, étant donné que le suédois vend actuellement une partie de ses centrales nucléaires en Europe et ne développe plus que des projets de production électrique 100% EnR. Il annonce ainsi une capacité éolienne offshore européenne de 1,7 GW et 6,3 GW en développement ou en construction.

Nouveaux concurrents à Dunkerque

En France, l’irruption dans la fourniture d’énergie grand public intervient à la veille de l’appel d’offres éolien offshore au large de Dunkerque, que le consortium emmené par Vattenfall (avec la CDC et WPD) espère remporter. L’alliance devra batailler contre neuf concurrents dont le profil pourrait encore évoluer, car des acteurs présélectionnés début 2017 vont s’allier in extremis avec d’autres protagonistes. Vattenfall met dès maintenant en avant ses récents projets éoliens européens économes d’argent public, au Danemark (49,9 € /MWh hors raccordement) et aux Pays-Bas, hors subvention. Mais à Dunkerque, le cahier des charges, attendu ce mois-ci, devrait quand même prévoir un prix plancher, de 60€/MWh en l’occurrence.

Hydro, bornes, agrégation

Cela dit, le puissant groupe public suédois (13 Mds€ de chiffre d’affaires, 20 000 personnes) ne limite pas ses ambitions hexagonales à l’éolien offshore. Intéressé depuis longtemps par l’ouverture des concessions des barrages hydroélectriques, il anticipe les premiers renouvellements pour l’année prochaine. Le même horizon est retenu pour l’amorce dans l’Hexagone d’un début de réseau de bornes de recharge électrique, en partenariat ou non. Sous l’appellation InCharge, Vattenfall possède déjà un peu moins de 10 000 bornes en Suède, en Allemagne, aux Pays-Bas et va s’implanter en Grande- Bretagne. Vattenfall dispose aussi d’une offre d’agrégation de production éolienne, solaire et bien sûr hydro pour le marché français. Il annonce agréger 6 GW issus de sa production et pour des tiers dans les pays nordiques, en Allemagne, en Hollande et au Royaume-Uni.