Les cleantech en Bourse [Dossier]

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Avec le lancement aujourd’hui de son offre publique, Neoen franchit une nouvelle étape vers la Bourse. Sauf surprise, le développeur et exploitant d’énergies renouvelables devrait bientôt rejoindre les rangs des entreprises cotées des cleantech. Des rangs à vrai dire plutôt clairsemés puisque peu d’entreprises de la transition énergétique et écologique ont choisi la Bourse ces dernières années, malgré les efforts d’Euronext pour les attirer.

Maigre bataillon

Dans les énergies renouvelables, Albioma, champion de la biomasse à partir de bagasse, et Voltalia, développeur et exploitant d’énergies renouvelables (éolien, solaire..) comme Neoen, sont les deux ETI cotées. On trouve aussi quelques sociétés du stockage (McPhy Energy, Electro Power Systems), de la chimie verte (Carbios, Fermentalg), de la mobilité (Navya), de l’efficacité énergétique (Enertime, Lucibel) ou encore du traitement de l’eau (Bio-UV). Au global, un secteur morcelé avec des entreprises basées sur des business models très différents, ce qui rend les comparaisons impossibles au grand dam des analystes et à la différence des biotech, secteur vedette de la Bourse de Paris.

Comment expliquer la faiblesse du bataillon vert ? Le secteur pâtit encore de quelques mauvaises expériences comme celles de Theolia dans l’éolien et Solabios dans le solaire. Des déconvenues qui ont échaudé plus d’un investisseur. L’absence d’une vraie réussite comme il en existe dans la biotech ou la medtech pèse aussi. Fin 2013/début 2014, les cleantech ont pourtant connu un bel engouement boursier : plusieurs start-up, comme Carbios, McPhy et Fermentalg, ont réussi des IPO largement sursouscrites et leurs cours se sont envolés. Las ! L’enthousiasme a vite été douché et les cours sont retombés à des niveaux décevants. « Les sociétés n’ont pas « délivré », constate Laurent Wilk, d’Invest Securities, l’un des rares analystes cleantech de la Place de Paris.

L’échec de Solairedirect a refroidi

A ce manque de résultats est venu s’ajouter en 2015 l’échec de Solairedirect qui a dû renoncer à son projet d’introduction en Bourse à la dernière minute, faute d’investisseurs. « A l’époque, plusieurs autres sociétés se préparaient à aller en Bourse : l’élan a été coupé net », poursuit Laurent Wilk. Résultat : depuis, les IPO cleantech se comptent presque sur les doigts d’une main, et celles qui se sont lancées n’ont pas forcément brillé à l’image de Navya qui a récolté moins qu’espéré en juillet dernier.

Le secteur a besoin de faire preuve de pédagogie pour éviter de provoquer des déceptions. « Le segment des producteurs d’EnR n’a rien à voir avec la biotech : il n’y a pas le côté  » ticket de loto », ce sont des valeurs de fond de portefeuille », illustre l’analyste.

Neoen sera-t-elle la success story espérée ? 

Neoen réussira-t-elle à redorer le blason des cleantech en Bourse ? « C’est peut-être l’étincelle que tout le monde attend », espère Laurent Wilk. Le momentum semble favorable car beaucoup d’institutionnels – notamment les fonds ISR – cherchent à verdir leur portefeuille. Reste cependant à voir l’impact de marchés financiers actuellement sous pression. Verdict le 16 octobre, jour prévu pour la fixation du prix de l’action Neoen.

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