Hydrolien : Simec-Atlantis se rapproche de la Normandie, Bpifrance et Technip se fâchent avec Naval Energies

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Crédit : Atlantis

Le secteur hydrolien français a beau être plongé dans l’incertitude, comme en témoignent les inquiétudes encore manifestées publiquement aujourd’hui par le Syndicat des énergies renouvelables, les places laissées libres par les pessimistes ne le restent pas longtemps. En juillet, Naval Energies avait annoncé son retrait total du secteur, après avoir inauguré une usine un mois et demi auparavant à Cherbourg. Aujourd’hui, la région Normandie, par l’intermédiaire de son fonds Normandie Participations, annonce préparer une alliance avec le développeur hydrolien britannique Simec-Atlantis. Elle prévoit d’investir dans une coentreprise, Normandie Hydrolienne, dont Simec-Atlantis aura la majorité.

Simec-Atlantis vise 100 MW

La région veut « relancer la filière industrielle hydrolienne et ...

valoriser les ressources normandes », selon son communiqué. Le devenir de l’usine flambant neuve de Cherbourg, que Naval Energies destinait à la fabrication des turbines et qui se trouve désormais sans vocation, n’est pas évoqué. Selon une source proche du dossier, ce site industriel n’est pas indispensable à l’heure actuelle, d’autant que « ce n’est pas la place qui manque à Cherbourg ».

Exploitant de quatre hydroliennes de 1,5 MW pour la tranche 1 du projet MeyGen en Ecosse, Simec-Atlantis diffère des protagonistes tricolores, car il n’est pas fabricant mais développeur et producteur. Il étudie depuis 18 mois le marché français. Son alliance avec la région normande lui permet de pousser ses pions au raz Blanchard, où il espère une ferme pilote d’ici 2021 et vise 100 MW en 2025. Le britannique continue manifestement à parier sur un important soutien en France pour l’hydrolien. Il vient d’en trouver une manifestation avec la Normandie. Le montant de l’investissement des deux partenaires n’est pas communiqué.

Des agissements trompeurs

Une toute autre ambiance prévaut du coté de Naval Energies, puisque selon Reuters, cette filiale de Naval Group ferait l’objet d’une plainte déposée par ses actionnaires minoritaires, Bpifrance (34% du capital) et Technip FMC. Le motif invoqué serait le dol, ce qui signifie « agissements trompeurs ayant entraîné le consentement qu’une des parties à un contrat n’aurait pas donné, si elle n’avait pas été l’objet de ces manœuvres. » Interrogée par GreenUnivers, Naval Group et Bpifrance ne font pas de commentaires ; aucun communiqué officiel ne dément néanmoins l’information.

Le 25 juillet dernier, Naval Energies a annoncé abandonner la fabrication d’hydroliennes, lors d’un conseil d‘administration extraordinaire. OpenHydro, la start-up irlandaise achetée en 2013, en charge spécifiquement de l’hydrolien, qui emploie 108 personnes dont 10 à Cherbourg, est depuis en liquidation. Accompagné par Bpifrance, Technip FMC et BNP Paribas, Naval Group a investi 250 M€ en 10 ans dans l’hydrolien, en pure perte. « Les actionnaires minoritaires ne sont pas heureux et recherchent une responsabilité. Il est possible que la culture de Naval Group, où l’État est largement majoritaire au capital, ne prédispose pas l’entreprise à communiquer correctement et en amont avec le board des filiales, lorsqu’il inclut des associés. Ce qui donne un angle d’attaque à ces derniers », estime un acteur de la filière.