Sun’R refinance 30% de son parc

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Photomontage du projet vitivoltaïque à Tresserre © Sun’R

Fluctuat nec mergitur* : la devise de Paris pourrait aussi être celle de Sun’R. Ce pionnier du solaire créé en 2006 a mis du temps à se relever de son redressement judiciaire de 2011 et d’un conflit avec une filiale de Total. Mais il vient de boucler pour de bon le refinancement de 30% de son parc global, c’est-à-dire 10 MW en production depuis plusieurs années, pour un montant de 56 M€ fournis par la Bred, Bpifrance, Caisse d’Epargne Grand-Est Europe et le Crédit du Nord, opération menée avec le conseil de Finergreen. Une marque de confiance des financeurs et de nouveaux moyens pour progresser. Cet employeur de 30 personnes a en effet remporté 29 MW en août dernier lors de la 4e session de l’appel d’offres pour les centrales solaires au sol. Son président Antoine Nogier annonce un pipe de 250 MW à différents stades et 45 MW prêts à construire, dont ceux décrochés cette année.

20 M€ sur l’agrivoltaïque

Au delà des bons chiffres, ce repaire d’ingénieurs créatifs à la fibre écologiste qu’est Sun’R veut mieux déployer ses concepts. Sur l’agrivoltaïque par exemple, une piste aussi explorée par d’autres grands concurrents, notamment  ...

Akuo Energy, Tenergie et Voltalia. Sun’R précise avoir investi 20 M€ en 10 ans dans la R&D sur ce mode de production hybride. « Grâce à la technologie, nous pouvons arriver à des centrales « zéro artificialisation » », affirme ainsi Antoine Nogier, faisant référence à la centrale de Tresserre (Pyrénées-Orientales) bientôt inaugurée. Les panneaux solaires y cohabitent avec les cultures et sont orientés en temps réel pour les éclairer ou les protéger.

Atomes crochus avec les collectivités

Deuxième axe, la valorisation du savoir-faire de Sun’R Smart Energy, filiale dédiée au départ à l’agrégation. Objet d’un corps-à-corps tarifaire entre les grands acteurs, l’agrégation d’électricité a été prudemment mise de côté par Sun’R mais les compétences acquises dans la manœuvre – en particulier la centrale virtuelle ou le lien entre prévisions de production solaire et vente en gros – sont proposées sous forme de conseil et devraient aussi être utilisées à d’autres fins, par exemple la vente directe d’énergie et la valorisation de flexibilité.

Au-delà de ses compétences très « tech » et de son goût pour l’expérimentation, on notera que sur le terrain, Sun’R fait manifestement partie des développeurs capables de conclure des accords avec les collectivités et de mener les projets locaux à leur terme. Un important co-investissement solaire avec la communauté d’agglomération de Cambrai (Nord), sur un projet de 10 MW (et 45 MW encore à développer) a ainsi été concrétisé cet été par les premiers électrons.

Tangue mais ne coule pas