Remade lève 125 M€ en dette pour financer sa croissance internationale

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(c) Pixabay

Remade (ex. Green & Biz), la société normande spécialisée dans le reconditionnement de produits Apple, a réalisé une levée de dette de 125 millions d’euros auprès de trois investisseurs, LGT European Capital, Idinvest Partners et Swen Capital. Un record en France sur le marché du reconditionnement d’appareils électroniques. Grâce à cette levée de fonds, Remade souhaite doubler le nombre d’appareils revendus et accélérer son développement à l’international.

Leader avec 25% du marché français

Avec cette opération, Remade vise le doublement du nombre de téléphones reconditionnés dans ses deux usines d’Avranches, en Normandie. La société, qui rachète les appareils usagés aux opérateurs pour ensuite les revendre, donne ainsi une nouvelle vie à 500 000 smartphones par an, un chiffre qui devrait s’élever à 840 000 unités cette année, puis un million les prochaines années. « C’est la première fois, dans ce secteur, que l’on voit une levée d’une telle envergure », se félicite Matthieu Millet, président de RemadeGroup, dans une interview aux Echos. Cette levée de dette intervient deux ans après l’acquisition par Remade du réparateur Save My Smartphone, qui était également présent sur ce créneau jusqu’à son redressement judiciaire à l’été 2016.

Remade affirme détenir 25% de parts du marché français avec un chiffre d’affaires de 130 M€ en 2017, contre 45 M€ pour Recommerce, numéro deux sur le marché hexagonal. Mais le groupe ne compte pas s’arrêter là. Il a déjà franchi l’Atlantique avec une première usine à Miami (Etats-Unis) et vise un fort développement à l’international.

Objectif : 10% du marché mondial

Le deuxième investissement international de Remade sera au Maroc. L’usine devrait être opérationnelle à la rentrée pour couvrir toute la zone du Maghreb. En Europe, l’entreprise est présente en Espagne, Portugal, Benelux et Allemagne, et souhaite désormais étendre son activité au Royaume-Uni et à la Scandinavie. En Asie, Remade vise l’énorme marché indien où Matthieu Millet annonce avoir des « ambitions colossales ». Globalement, il souhaite que son groupe détienne entre 7% et 10% du marché mondial d’ici 3 ans. Ce dernier pèserait une quarantaine de milliards de dollars.

Parmi les concurrents français de Remade, la start-up parisienne Back Market a levé en juin dernier 41 M€ en capital auprès notamment du groupe Arnault et de la société de gestion Eurazeo. De son côté, Magic Recycle, autre start-up incubée dans la capitale, a levé deux mois plus tard 1,4 M€ grâce à la holding ISF d’Inter Invest Capital. Sans oublier Recommerce qui a réalisé en février dernier sa troisième augmentation de capital, s’élevant à 50 M€, auprès de la société de gestion Capzanine et de l’investisseur Creadev, appartenant à la famille Mulliez. [/am4show]