Energy Pool et cinq industriels veulent conjuguer effacement et « PPA »

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(Crédit : Befesa)

L’effacement de consommation industrielle, composante majeure des effacements verts, est un peu resté à la porte lors de l’appel d’offres 2018 organisé par la Direction générale de l’énergie et du climat et RTE. Qu’à cela ne tienne, il revient par la fenêtre. Les opérateurs spécialisés ne manquent pas en effet d’idées pour trouver d’autres débouchés pour les gisements de flexibilité, par exemple les besoins des fournisseurs d’électricité et des réseaux distributeurs. 

Dernière initiative en date, celle d’Energy Pool. Ce pionnier de l’effacement vert depuis 2009 s’intéresse de plus en plus près à la coopération entre les producteurs d’énergies renouvelables variables et les gros consommateurs d’électricité, une piste encore à défricher.

Ajuster consommation et production

A cette fin, Energy Pool vient de constituer une équipe de cinq métallurgistes (Befesa Valera, Celsa France, Ferropem, Trimet France, Ugitech ) : « Le principe est d’associer la flexibilité des industriels et la variabilité de la production solaire ou éolienne. Cette flexibilité de l’acheteur peut représenter un fort intérêt pour les installations qui sortent de l’obligation d’achat », estime Anne-Sophie Chamoy, directrice des affaires publiques et de la stratégie. En pratique, le pool ...

formé par les 5 ETI (1 GW de puissance consommée, soit la consommation de 4 millions d’habitants), tous déjà bien expérimentés dans l’effacement, compte un jour acheter collectivement l’électricité aux producteurs, via des PPA (Power purchase agreements) puis adapter les consommations à la production des centrales.

A charge pour Energy Pool de rapprocher les deux termes de l’équation, c’est-à-dire les prévisions de production d’électricité et les plannings de consommation industrielle, qu’il est souvent possible d’échelonner – le principe même de l’effacement. Le but des entreprises est de faire des économies conséquentes sur le budget électricité, sur une longue période.

Les industriels sur le pont

Ce projet, s’il avance, serait un mini-échantillon du rôle que pourrait jouer l’effacement au niveau national lorsque l’intégration des EnR variables deviendra critique. Mais pour l’instant, il en est aux prémices : « Nous n’avons pas encore de réactions de la part de producteurs EnR », indique Anne-Sophie Chamoy, qui n’espère pas un montage concret avant 2020.

Pour l’heure, ce pool resserré – mais il souhaite accueillir d’autres membres – va proposer sa capacité d’effacement au gestionnaire de réseau, en mode plus « participatif » que d’habitude, d’autant que la création du groupement répond à une demande des industriels eux-mêmes. « Chaque entreprise va être associée dès la conception de l’offre et va participer à la stratégie de commercialisation », assure Anne-Sophie Chamoy.

Opérateur indépendant sur un marché français ultra disputé, Energy Pool travaille sur de nouveaux modes de valorisation de la flexibilité et notamment sur son « hybridation », avec des PPA donc mais aussi des capacités de stockage. Il va ainsi piloter des batteries installées chez des industriels de l’agroalimentaire au Royaume-Uni et les faire participer à la régulation de fréquence sur le réseau, à partir d’octobre prochain. Implanté au technopôle Savoie Technolac et employeur de 100 personnes, Energy Pool annonce un chiffre d’affaires d’environ 25 M€ en 2017, dont 70% à l’international, avec une présence dans 10 pays.