Opération synthèse chez GreenFlex, qui lance sa plateforme digitale

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(Crédit : Greenflex)

GreenFlex sonne le rassemblement. Cette grosse société de conseil et solutions en développement durable (chiffre d’affaires 2017 : 406 M€) a grandi par acquisitions et intégration d’activités complémentaires avant d’être elle-même rachetée par Total. Elle lance cette année une plateforme digitale pour enrichir les savoir-faire qu’elle a agrégés au fil du temps, convaincue que cette vision 360° peut améliorer les performances des clients.

Dit comme cela, c’est assez théorique. En pratique, cette plateforme baptisée GreenFlexIQ réunit les données de tous les clients, dans les domaines d’expertise de GreenFlex, pour aboutir à des diagnostics plus intelligents. Par exemple, le reporting énergétique – les données de consommation – est mis en relation avec des données de production ou d’achat de matières premières. Un spécialiste de la nutrition animale s’est ainsi aperçu qu’en  ...

achetant un blé bon marché mais trop humide, l’excès consécutif de consommation d’énergie ruinait ses économies initiales. « Nous contribuons à mettre de l’intelligence dans les données de nos clients, en associant nos expertises aux modules de la plateforme », explique Frédéric Rodriguez, fondateur de GreenFlex en 2009.

Experts multiples

L’une des originalités de cette société devenue filiale de Total depuis 2017, en conservant son autonomie, est d’évoluer sur des terrains variés, pratiqués par les douze entreprises qu’elles a rachetées. Dans l’optimisation des consommations énergétiques donc, mais aussi l’observation des coûts d’achat et d’usage des équipements, la veille réglementaire et la conformité RSE (en particulier sur la supply chain) ou encore le conseil en financement de projets. En tout, vingt modules sont proposés transversalement sur GreenFlexIQ, qui réunit les compétences des 380 collaborateurs. « Ce sont des experts de l’énergie, des datacientists, des financiers, des spécialistes sectoriels, par exemple dans l’agroalimentaire et l’agriculture. Le numérique nous permet, via cette plateforme, de remonter et d’analyser les données de nos clients afin de leur fournir ensuite une nouvelle compréhension de leurs activités », souligne Frédéric Rodriguez.

GreenFlex poursuit de la sorte une stratégie différente des sociétés de services énergétiques, souvent filiales des grands énergéticiens, focalisées sur les économies d’énergie. Une approche parcellaire qui raterait certains enjeux, comme les achats ou l’organisation du travail. Cela dit, GreenFlexIQ ne va pas jusqu’à unifier le modèle économique et continue à utiliser plusieurs types de rémunération, depuis la prime à la performance (économies d’énergie) jusqu’à l’abonnement annuel (veille réglementaire…) en passant par la vente d’indicateurs de performance.

Le risque de la dispersion 

Mais à force d’étirer ses domaines de compétences, comme le montre cette plateforme, GreenFlex ne risque-t-elle de tomber dans des diagnostics de plus en plus superficiels ? Le risque serait prévenu parce que justement, la société ne veut rien lâcher sur le travail de base. Adrien Virolleaud, directeur des services et solutions, mentionne ainsi la modélisation inédite des achats et de l’usage des pompes pour Veolia (plusieurs dizaines de millions d’euros d’achats par an) qui a modifié en profondeur les choix d’équipements neufs. Ou encore le reporting énergétique sur 450 magasins Carrefour en France, avec une baisse des consommations, sans investissement, de 6% depuis 2015. Mieux explorer les gisements de données, c’est bien, mais sans perdre le contact avec le terrain, c’est mieux.