L’électrification des véhicules pas rentable avant 2030 [Étude]

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Crédit : Pixabay

La rentabilité des véhicules 100% électriques n’est pas pour tout de suite, selon une étude réalisée par l’Ademe et l’IFP EN* sur l’impact de l’électrification des véhicules. Certes l’électrique va concurrencer sérieusement les motorisations conventionnelles (au diesel et/ou au thermique) dans les prochaines années – sauf sur le segment des poids lourds – et il est pertinent pour réduire les émissions gaz à effet de serre (GES). Mais à condition d’être très utilisé pour réduire l’impact de la fabrication de la batterie par l’usage. Et surtout, sa rentabilité est limitée et ne devrait pas augmenter avant 2030 et la baisse annoncée du coût des batteries, d’après l’étude.

Une approche par segments

Pour l’instant, les véhicules légers ...

(voitures citadines, moyenne gamme et haut de gamme) hybrides et électriques sont handicapés par le poids des batteries (250 kg). Ces dernières devraient être plus légères en 2030 pour arriver à 100 kg.

Les véhicules MHEV (hybrides) consomment aujourd’hui 4 l/100 km : un bon chiffre pour l’Ademe, mais pas suffisant, pour une technologie moins pertinente économiquement. Les BEV (électriques) sont pénalisés par le coût du moteur thermique et de la batterie, mais ont un intérêt pour l’impact sur les GES. Tout comme les PHEV (hybrides à batteries rechargeables), dont la consommation va passer de 15 kWh/100 km aujourd’hui à 10 kWh/100 km en 2030. L’Ademe estime que les BEV sont plus rentables à partir de 12 000 km/an, si la batterie a 250 km d’autonomie.

Des solutions encore floues

Les véhicules utilitaires, à cause d’un faible aérodynamisme, consomment plus de 60 kW/100 km. Pour les bus, le tout électrique n’est pour l’instant pas économiquement intéressant, à cause des coûts d’investissement et de maintenance. L’Ademe se montre prudente quant à l’avenir de ces types de véhicules et estime que des solutions intéressantes (PHEV et MHEV) se profileront peut-être en 2030, avec des gains en autonomie de 30% pour les bus.

Pour les poids-lourds, l’avis de l’agence est encore plus mitigé : si la solution PHEV pourrait être intéressante pour les urbains, l’électrification pour les routiers pourraient arriver si les prix deviennent plus compétitifs, à moins de se tourner vers le GNV.

• Consulter le « Bilan transversal de l’impact de l’électrification par segment » ci-dessous ou (ici en PDF) :


*« Étude Économique, Énergétique et Environnementale pour les technologies du transport routier français » (E4T)