Lactips lève 3,7 M€, accueille BASF et enregistre ses premières vraies commandes

Print Friendly, PDF & Email
© INPI

La start-up de l’emballage biodégradable à base de lait réussit une deuxième levée de fonds, après un premier tour de table de 1,2 M€ fin 2015. Cette fois, Lactips collecte 3,7 M€. Présent dès 2016, l’investisseur de private equity Demeter, à travers ses fonds D3 A et Emertec 5, accompagne la nouvelle levée.

BASF en position d’observateur privilégié

Mais celle-ci se caractérise surtout par l’arrivée du géant allemand de la chimie BASF, via son fonds venture. Il est leader ...

de ce tour de table et devient troisième actionnaire de Lactips, derrière les fondateurs et Demeter. « BASF est un leader de la plasturgie et produit déjà des plastiques biodégradables. Il s’intéresse de près à notre solution », explique Marie-Hélène Gramatikoff, cofondatrice. Elle souligne qu’il ne s’agit pas là d’une initiative agressive et rappelle que les investissements venture de BASF ne débouchent que rarement sur des acquisitions pures et simples par l’industriel. BNP Paribas Développement et le Crédit Agricole Loire Haute-Loire Capital Innovation participent aussi à la levée.

Plastiques solubles et comestibles

Créée en 2014 à partir de travaux menés à l’université de Saint-Etienne et basée à Saint-Jean-Bonnefonds (Loire), Lactips a mis au point des granulés à base de caséine de lait pour remplacer le plastique pétrosourcé, à prix quasiment comparable selon Marie-Hélène Gramatikoff. Attention, la start-up ne vise pas le secteur des plastiques biodégradables, déjà encombré etsont présentes de nombreuses start-up , mais des segments plus pointus et peut-être plus rémunérateurs pour un jeune compétiteur. En l’occurrence, les plastiques solubles et même comestibles.

Usine en vue

L’actuelle levée de fonds et l’intérêt de BASF sont ainsi motivés par les premières commandes décrochées par Lactips, de la part de deux marques de détergents, annonce Marie-Hélène Gramatikoff. Ces clients fabriquent notamment des plaquettes pour lave-vaisselle. Les granulés à base de lait de Lactips, non seulement biodégradables mais à toxicité minimale dans l’eau, peuvent en effet remplacer les plastiques solubles à base d’alcool polyvinylique (PVOH), un marché dominé par les japonais Kuraray et Nippon GohseiLe deuxième segment, le plastique comestible – celui des sachets de riz, de pâtes, des emballages de saucissons… –  est également proche de la commercialisation.

« Nous devrions produire au total une centaine de tonnes l’année prochaine, dans notre workshop actuel  », prévoit Marie-Hélène Gramatikoff. La production devrait ensuite augmenter, ce qui motive dès maintenant la recherche d’une usine pour accueillir une puis plusieurs lignes de fabrication. Lactips emploie trente personnes contre deux lors du premier tour de table. Une prochaine levée de fonds est envisagée autour de 2020, lorsque l’entreprise pourra se tourner vers le marché international.