Double closing pour Demeter

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La société de gestion vient de réaliser coup sur coup deux closings : le premier à 100 M€ pour Paris Fonds Vert et le second à 45 M€ pour un nouveau véhicule dédié à l’agriculture durable, Agrinnovation. Une actualité riche qui atteste d’un « regain d’intérêt des investisseurs pour la transition énergétique et environnementale, perçue non plus comme une simple opportunité mais une nécessité impactant tous les business qui n’ont d’autre choix que de se transformer », selon Stéphane Villecroze, managing partner de Demeter, qui gère aujourd’hui plus d’1 milliard d’euros.

Un fonds dédié à l’agriculture durable

Le petit nouveau, Agrinnovation, obtient ...

45 M€ d’engagements de la part d’acteurs à 100% privés : des industriels tels que le groupe Eléphant Vert, spécialisé dans les bio-intrants, et le français Exel Industries, positionné sur la pulvérisation de précision, quelques institutionnels comme la société financière Unigrains et des family offices. L’objectif de ce fonds est d’investir dans des start-up innovantes proposant des services ou des technologies pour l’agriculture durable : bio-intrants, agriculture numérique, ingrédients, outils d’aide à la décision, chimie biologique…

Robot Dino (Crédit : Naïo Technologies)

Via d’autres véhicules, Demeter compte déjà une dizaine de participations dans ce secteur, notamment dans Ynsect, Algaia, Naïo Technologies… « C’est le moment de lancer un fonds dédié car le marché connait un fort développement. Les groupes coopératifs et industriels du secteur ont un besoin urgent de faire évoluer leurs produits et leurs modèles, ils s’ouvrent à l’open innovation car ils sont sous la pression de la réglementation et des clients finaux. Pour certains, c’est une question de survie », explique Eric Marty, general partner. Signe de l’intérêt des investisseurs, un autre fonds AgTech a été bouclé en France il y a quelques mois, Capagro Innovation.

Agrinnovation vise un closing final à 70 M€ d’ici à un an et une vingtaine de participations au total, majoritairement des sociétés françaises mais aussi européennes, et notamment espagnoles. « Le marché agricole de la péninsule ibérique est très important en valeur et en volume et nous y avons déjà repéré quelques start-up intéressantes », précise Eric Marty. Les tickets seront compris entre 500 K€ et 1 M€ avec possibilité de monter jusqu’à 4 M€ par ligne. Les premiers investissements devraient être bouclés d’ici à la fin de l’année.

Un fonds pour Paris…

Anne Hidalgo, maire de Paris, et Stéphane Villecroze (Crédit : Demeter)

L’autre actualité de Demeter, c’est le premier closing à 100 M€ de Paris Fonds Vert, cinq mois seulement après le vote du conseil de Paris officialisant le choix de la société de gestion. Outre la capitale qui apporte 15 M€, les souscripteurs sont des institutionnels publics (Ville de Paris, Caisse des Dépôts, Bpifrance) et privés (Aviva, Pro BTP, Caisse d’Epargne Ile-De-France…), des industriels (Engie, Fayat, IFP Energies Nouvelles, Suez …) et plusieurs family offices.

« L’image de Paris est attractive et les besoins croissants des villes suscitent un fort intérêt. Mais nous avons dû insister sur le fait que ce fonds avait les mêmes exigences que d’autres et qu’il n’était pas réservé à la capitale », observe Stéphane Villecroze. Le véhicule – le premier de cette taille initié par une métropole – doit progressivement monter en puissance pour atteindre 200 M€, probablement en début d’année prochaine.

… et les autres métropoles

Ce fonds de croissance a pour objectif d’accompagner le déploiement rapide de produits et services dans des métropoles, dont Paris au premier rang mais pas uniquement. Son périmètre va du bâtiment à la mobilité, en passant par l’énergie, la qualité de l’air ou l’économie circulaire. Sans oublier, en transversal, les solutions digitales. « Nous ne prendrons pas de risques de marché ou de business model mais uniquement d’exécution », souligne Stéphane Villecroze. D’où la recherche de PME réalisant déjà un chiffre d’affaires, rentables et en phase d’accélération. Plusieurs dossiers sont à l’étude et devraient être bouclés d’ici à la fin de l’année. En tout, le fonds vise 20 participations avec des tickets allant de 5 à 15 M€.

50% des futures sociétés du portefeuille devraient être françaises, les autres seront essentiellement européennes. « Nous allons travailler avec les partenaires de Demeter, les fonds allemand eCapital et canadien Cycle Capital, sur les problématiques des grandes villes et le partage d’expériences », précise Stéphane Villecroze. Le modèle même de ce fonds pourrait inspirer d’autres territoires, qui sont de plus en plus des acteurs clés dans la mise en oeuvre de la transition environnementale.

Regain d’intérêt des investisseurs

Cette double actualité est en tout cas le signal pour Demeter d’une nouvelle approche des investisseurs, et notamment des industriels. « Lever des fonds reste un exercice difficile, nuance Stéphane Villecroze, mais on constate un intérêt croissant qui n’est plus aiguillonné par les seuls crédits d’impôts ou subventions comme il y a quelques années, mais par la conviction que le business doit changer rapidement pour devenir durable. C’est vrai pour tous les secteurs, de la mobilité au bâtiment en passant par l’énergie ».