Batteries : 2 GW en France en 2025 puis 8 GW en 2030 [Etude]

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© Saft

C’est désormais une certitude : les batteries vont se faire une place dans le système électrique. En France, leur utilisation dans les réseaux va devenir un moyen « relativement rentable » de stockage et de flexibilité « dans les prochaines années », a confirmé le comité de prospective de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), dans un récent rapport. Mais à quel rythme et à quel horizon ? Déployées à petites et à grandes échelles, les batteries pourraient au total ...

représenter en France métropolitaine une capacité de 2 GW en 2025 et 8 GW en 2030, d’après Bloomberg new energy finance (Bnef). C’est l’un des résultats de son étude « New energy outlook« , dont GreenUnivers a pu consulter les données pour la France.

Le vehicle to grid : un vrai défi

Cette étude trace l’évolution du système électrique dans les principaux marchés du monde, en déployant les technologies les moins coûteuses. Globalement, Bnef souligne la chute à venir du prix des batteries (-67% d’ici à 2030), qui va faciliter la pénétration des énergies renouvelables. Pour la France, « le facteur clé sera l’évolution du parc nucléaire : le rythme de fermeture des réacteurs et les technologies qui les remplaceront », observe Jonas Rooze, l’un des experts ayant travaillé sur le sujet.

Le mix électrique français en 2025 et 2030

Dans cette étude de Bnef, la capacité nucléaire française baisse à 53 GW en 2025, puis 49 GW en 2030, contre 63 GW aujourd’hui. En comparaison, à ces deux dates, l’éolien grimpe respectivement à 29 et 34 GW sur terre (contre 13,5 GW fin 2017 d’après RTE), 5 et 7 GW en mer. Quant au solaire photovoltaïque, il atteint 27 GW en 2025 puis 46 GW en 2030 (contre 7,7 GW fin 2017 d’après RTE).

Dans ce contexte, les capacités de flexibilité électrique atteindraient en France 21 GW en 2025, puis 30 GW en 2030. Dont respectivement 2 et 8 GW de batteries. En complément, le système électrique aurait notamment besoin de 9 et 12 GW de centrales à gaz de pointe et une capacité stable de 5 GW de modulation de la demande.

Sur les routes françaises, les voitures électriques représenteraient 3% de la flotte automobile en 2025 et 9% en 2030. Mais le cabinet n’a pas intégré le vehicle to grid comme une solution de flexibilité. Il suppose certes qu’à l’horizon 2040 la moitié de la demande venant des voitures électriques sera satisfaite de façon « flexible ». Mais cela lui semble un vrai défi à relever. A tout moment, il faudrait non-seulement que suffisamment de voitures électriques soient branchées, mais aussi que leurs propriétaires acceptent de laisser le contrôle de leur recharge à un acteur tiers. Comme le comité de prospective de la CRE, Bnef privilégie donc pour les batteries une utilisation en stockage stationnaire.