Sereema fait du crowdlending et prépare une augmentation de capital

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(c) Sereema

Sereema, la start-up montpelliéraine spécialisée dans l’IoT (internet des objets), engage une collecte à hauteur de 300 000 € sous forme de prêt sur la plateforme de financement participatif Enerfip. La société commercialise depuis 2017 un boitier muni de capteurs qui enregistrent des indicateurs de performance des parcs éoliens, et fournit une interface à l’exploitant pour l’aider à maximiser son productible. Une augmentation de capital est également en préparation.

Augmentation de capital en fin d’année

La levée de fonds en crowdlending est réalisée sous forme d’un prêt accordé à la compagnie pour une durée de 3 ans, rémunéré au taux fixe de [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’guest_error=’Please_Subscribe’]6,5% par an, et convertissable en actions à expiration de la dette. L’opération a plutôt bien débuté puisqu’au premier jour, l’objectif de collecte fixé à 300 000 € était déjà rempli à 39% grâce à l’intérêt de 132 éco-épargnants. Il reste encore 70 jours pour finaliser la levée de fonds.

Celle-ci sera complétée d’une augmentation de capital série A actuellement en préparation et prévue en décembre pour un montant encore non défini précisément mais « qui pourra atteindre les 2 millions d’euros » indique un porte-parole. Le profil des investisseurs peut aller de fonds d’investissement à des industriels en passant éventuellement par les clients de la société, certains ayant montré un vif intérêt. Sereema compte quelques grands comptes à l’instar de RES, Total Eren ou Engie Green.

Il s’agira de la deuxième augmentation de capital après celle réalisée en 2016 auprès d’IT Translation pour 300 000 €. Aujourd’hui, le cofondateur et PDG de la compagnie, Jérôme Imbert, détient encore 51% du capital, suivi d’IT Translation (30%) et d’un associé qui ne travaille pas directement dans la société (19%). Les deux opérations de financement doivent être suffisantes pour couvrir les besoins de croissance pour les 12 prochains mois.

Petit boitier veut devenir grand

Le boitier de Sereema s’appuie sur trois années de R&D. Il renferme des capteurs MEMS, qui auscultent une dizaine de paramètres des éoliennes tels que les accélérations, position des pales, pression sur le mât, vitesses de rotation ou encore les températures. Ces informations sont traitées sur une plateforme cloud grâce à des algorithmes qui produisent automatiquement toute une série de diagnostics. Ils détectent notamment les sous-performances liées au déréglage du rotor ou des pales, à une mauvaise orientation de la nacelle ou à d’autres facteurs tels que les turbulences du vent, ou encore la vitesse de réaction de l’éolienne. Les exploitants s’appuient ensuite sur ces diagnostics pour dégager les actions à entreprendre et augmenter le productible. A titre d’exemple, le groupe RES indique utiliser ces boîtiers sur une partie de ses parcs et a observé une hausse de la production comprise entre 2 et 6%.

Le business model de Sereema consiste à louer sa « box » sous forme d’abonnements trimestriels ou annuels à ses clients : « Notre plus-value réside dans nos diagnostics et jusqu’à maintenant, nous n’avons eu aucune désinstallation de boitiers », se félicite la société. Depuis un an, elle les a installés sur 11 parcs éoliens cumulant 150 MW. La star-up vise 4 000 machines équipées dans les cinq prochaines années, ce qui devrait représenter un chiffre d’affaires de 10 M€ en 2022, contre 86 000 € en 2017, première année de commercialisation. Sereema réalise 40% de son CA à l’international, essentiellement en Europe pour l’instant.[/restrict-content]