Le gouvernement torpille les espoirs de la filière EMR [Dossier]

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Les professionnels des énergies marines renouvelables (EMR), réunis cette semaine à Cherbourg dans le cadre des 5èmes Assises nationales des EMR du Syndicat des énergies renouvelables et de l’International conference on ocean energy (ICOE) organisée conjointement par Seanergy et Bluesign, n’avaient guère de raisons de se réjouir. Renégociation en cours pour les six projets éoliens en mer posés et incertitudes sur l’appel d’offres hydrolien, la filière française joue son avenir dans les prochaines semaines.

Hulot lâche l’hydrolien

Alors que l’inquiétude était palpable à Cherbourg, l’intervention de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, à l’Assemblée nationale mercredi ressemble à s’y méprendre à un coup de grâce pour le secteur hydrolien. Interrogé par Didier Le Gac, député LREM du Finistère, le ministre a rappelé que « malgré le soutien de l’Etat ces dernières années, les démonstrateurs de Naval Energies et Sabella n’ont été que partiellement convaincants. Les coûts de production apparaissent, il faut en convenir, très élevés, même à long terme ».

Un message particulièrement négatif envoyé aux acteurs français de la filière, notamment Naval Energies qui inaugure ce 14 juin son usine d’hydroliennes à Cherbourg. Seule confirmation du ministre : le soutien apporté au projet Normandie Hydro d’EDF au raz Blanchard (50 M€ d’aides à l’investissement + tarif d’achat de 200 €/MWh).

Houlomoteur et ETM loin de la maturité

Les autres énergies marines (houlomoteur et énergie thermique des mers), encore loin de la maturité technologique et économique, semblent encore encore plus fragiles. Akuo a décidé en avril dernier de jeter l’éponge sur le projet Nemo mené avec Naval Energies, qui veut se réorienter sur l’ETM à terre.

Des efforts pour l’éolien en mer

Les acteurs de l’éolien posé en mer ne sont guère plus à la fête. En redéposant un amendement sur l’éventuelle annulation des appels d’offres à l’Assemblée nationale, le gouvernement continue de mettre la pression sur les développeurs qui seront fixés sur leur sort au mois de juillet. Une baisse des tarifs d’achat et de la capacité nominale des parcs semble l’option privilégiée, mais l’annulation d’un ou plusieurs projets ne peut toujours pas être écartée. Du côté de l’éolien flottant, un secteur sur lequel la France est en pointe avec quatre projets en cours, le message est parfaitement reçu. Il va falloir faire ses preuves et baisser les coûts rapidement pour avoir une chance d’exister dans le mix électrique français.

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