La région Paca et Capenergies misent sur l’hydrogène

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En pointe dans le déploiement des réseaux électriques intelligents avec Flexgrid, le pôle de compétitivité Capenergies, dédié aux filières énergétiques, et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) montent aussi en puissance dans l’hydrogène. Huit projets labellisés par le pôle concernaient ce secteur émergent en 2017, soit 23% du total. Et depuis début 2018, cinq nouveaux projets ont déjà été labellisés. Au total, près de 20 projets ont émergé sur le territoire, de la recherche amont aux projets plus structurants, pour un investissement supérieur à 150 M€ et ...

près de 20 M€ d’aides sollicitées, selon un bilan du pôle.

Stratégie régionale 

Une progression qui s’explique par plusieurs facteurs avec d’abord l’arrivée en 2017 au poste de directeur adjoint de Capenergies de Paul Lucchese, un expert de l’hydrogène en provenance du CEA : il a notamment été président de l’Association européenne de recherche sur les piles à combustible et l’hydrogène et a été nommé récemment président de l’Hydrogen implementing agreement de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Un signal de l’intérêt du pôle pour la filière. A cela s’ajoute une ambition nouvelle de la région. Si elle a démarré plus tardivement que d’autres comme Auvergne Rhône-Alpes ou l’Occitanie, la collectivité met aujourd’hui les bouchées doubles en définissant une stratégie H2, avec l’appui de Capenergies.

Trois projets emblématiques

Elle peut s’appuyer sur trois projets clés, avec en premier lieu Jupiter 1000 porté par GRTgaz, à Fos-sur-Mer (Boûches-du-Rhône) : il vise à installer un démonstrateur industriel de Power-to-Gas sur la plateforme Innovex dédiée à la transition énergétique. C’est le premier projet d’injection d’hydrogène et de méthane de synthèse dans le réseau de transport de gaz naturel. Deuxième grand dossier, dans le Var cette fois où la CCI mène Hynovar, dédié au déploiement d’infrastructures (station H2 au Circuit Paul Ricard et au Port de Toulon), avec des applications de mobilité terrestre et un projet innovant de développement d’une navette maritime H2.

Schéma de fonctionnement de Jupiter 1000

Enfin, 3e gros chantier, HyGreen Provence, orchestré par la communauté de communes Durance Luberon Verdon Agglomération (DLVA) : il vise la construction de centrales solaires sur pas moins de 1 500 hectares pour produire de l’électricité verte mais aussi de l’hydrogène. « Ce territoire offre trois avantages : le foncier disponible, un excellent gisement solaire et la présence de cavités salines importantes permettant un stockage massif de l’hydrogène », explique Paul Lucchese. DLVA mise sur ce projet pour soutenir le développement économique et l’emploi.

Lancement d’un club dédié

Certes, le déploiement de ces chantiers va prendre plusieurs années – si tout va bien. Pour HyGreen, par exemple, l’objectif est d’obtenir une déclaration d’utilité publique et toutes les autorisations nécessaires d’ici à deux ans pour démarrer une première tranche solaire au mieux en 2020. « Mais ces projets diversifiés créent une dynamique forte et aident à structurer la filière », observe Paul Lucchese.

Pour animer cet écosystème naissant, Capenergies vient de créer un club H2 régional. Il compte une cinquantaine de participants dont des groupes (Air Liquide, Engie, Areva, EDF, CEA…), des start-up comme Hysilabs, qui vient de boucler une levée de fonds, ou Hyseas (navette maritime), des centres de recherche et des institutionnels. « Nous voulons permettre aux acteurs de mieux se connaître, soutenir l’innovation et aider à développer le business sur des applications », précise Paul Lucchese. Le récent plan hydrogène présenté par Nicolas Hulot ne peut que conforter les ambitions de la région.