La GreenTech verte crée un label pour les start-up

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Laurence Monnoyer-Smith (Crédit : comité 21)

Un peu plus de deux ans après sa création à l’initiative de Ségolène Royal, la GreenTech verte organisait hier ses deuxièmes rencontres à Paris. Pilotée par le Commissariat général au développement durable, l’initiative a déjà accompagné 120 jeunes pousses, leur offrant un soutien financier et une gamme de services. Une formule qui évolue avec l’annonce de la création d’un label « GreenTech verte » : les projets sélectionnés ne recevront plus d’argent mais toujours un accompagnement, explique Laurence Monnoyer-Smith, Commissaire générale au développement durable, à GreenUnivers.

GreenUnivers : Quel bilan, dressez-vous de la GreenTech verte deux ans après son lancement ? 

Laurence Monnoyer-Smith : Deux appels à projets ont permis de sélectionner 120 jeunes pousses, très early stage, sur plus du double de candidats. Nous ...

leur avons apporté un soutien financier d’au moins 50 000 euros pour chacune d’entre elles – et jusquà 150 000 euros au total – et surtout un accompagnement avec trois incubateurs, des sessions de formation sur des domaines variés allant de la réalisation d’un business plan à des formations métiers, une mise en relation avec des experts et réseaux, un accès privilégié aux données du ministère… Cet appui les aide à se développer : 63% de ces sociétés ont au moins un produit sur le marché et, en moyenne, elles ont réalisé 170 000 € de chiffre d’affaires en 2017. En équivalent temps plein, quatre personnes suivent ces start-up pour lesquelles nous faisons vraiment du sur-mesure. Pour un ministère, c’est un bilan hors du commun !

GU : Vous les accompagnez aussi dans leurs levées de fonds ?

LM-S : Nous pouvons les orienter vers des investisseurs. En 2017, nos sociétés ont collectivement levé 30 M€, en equity et dette. Le record a été établi par InnovaFeed, spécialisée dans la production de protéines d’insectes destinées à l’aquaculture, qui a collecté 15 M€. En tout, neuf sociétés ont levé plus de 1 M€ l’année dernière. Cela atteste de la pertinence des projets.

GU : Quels sont les principaux secteurs représentés ? 

LM-S : Au départ, les secteurs de l’énergie et de la mobilité, plus matures, étaient les plus représentés. Mais nous essayons d’ouvrir à de nouveaux domaines comme l’économie circulaire, la fintech…

GreenUnivers : Vous lancez aujourd’hui un label, à quoi va-t-il servir ?

LM-S : Nous avons opéré un rapprochement avec la French Tech mais nous voulions identifier nos start-up clairement, d’où la création d’un label « GreenTech verte ». Un appel à manifestation d’intérêt va nous permettre de sélectionner des projets. Les lauréats auront toujours accès à notre gamme de services, nos incubateurs… Deux phases de sélection seront organisées chaque année et nous espérons ouvrir à plus de projets qu’auparavant. Ce label, délivré par un panel d’experts, sera attribué pour cinq ans.

GU : En revanche, il n’y aura plus de soutien financier. Est-ce que cela ne va pas dissuader des candidats ? 

LM-S : L’enveloppe budgétaire a effectivement été supprimée, mais je pense que notre accompagnement a fait les preuves de son intérêt.