Energies renouvelables : la consolidation s’accélère [Dossier]

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Engie a officialisé ce matin l’acquisition du développeur et exploitant d’énergies renouvelables breton Langa. A l’occasion de cette opération, GreenUnivers revient sur l’accélération de la consolidation sur le marché français des renouvelables. 

Pourquoi ce mouvement prend-il de l’ampleur ? Parce que d’un côté, les grands groupes doivent verdir leur mix énergétique et les investisseurs leur portefeuille et que de l’autre, les PME ont besoin de fonds importants pour financer des projets de plus en plus nombreux sur fond de changement de paradigme sur le marché. Jean-Marc Bouchet, fondateur de Quadran, vendu à Direct Energie en 2017, avait livré son analyse à GreenUnivers en novembre dernier : « En France, les entreprises indépendantes sont entrées dans une phase où elles doivent grandir ou se faire absorber. C’est la conséquence du nouveau régime avec complément de rémunération et des appels d’offres solaires et éoliens. Le tout entraîne une baisse drastique des taux de retour sur investissement, entre 0 et 7% aujourd’hui. Une éventuelle remontée des taux de crédit représente ici un grand danger. L’effet de masse devient de toute façon essentiel. »

Beaucoup d’acheteurs en lice

Du côté des acheteurs, Engie, EDF EN et Total sont tous les trois en position d’acquéreurs comme en témoignent les opérations de ces deux dernières années. Le premier reprend donc Langa, le deuxième avait acquis Futuren en 2017 et Total est entré chez Eren avant de s’emparer de Direct Energie. D’autres acteurs, notamment étrangers, sont en embuscade : le canadien Boralex, très présent dans l’éolien en France, vient ainsi de s’y renforcer encore en mettant la main sur Kallista Energy, le danois Obton avait auparavant acheté le spécialiste des ombrières solaires Coruscant. Les investisseurs financiers sont aussi sur les rangs, comme l’irlandais Amarenco qui a repris le groupe Carré.

Les PME sont donc très sollicitées pour vendre et plusieurs d’entre elles ont franchi le Rubicon, les fondateurs réalisant au passage une confortable plus-value. D’autres opérations sont en cours, essentiellement dans le solaire, beaucoup plus atomisé que l’éolien : les 25 premières entreprises captent seulement 40% du marché, selon le cabinet Finergreen, alors que dans l’éolien, les 20 premiers acteurs concentrent 60% du marché.

Une poignée d’irréductibles Gaulois ? 

Dans le catégorie des ETI, deux acteurs multi-énergies indépendants résistent encore bravement : Akuo Energy, qui a fait entrer un nouvel actionnaire à son capital fin 2017 pour continuer ses développements en restant indépendant, et Neoen, propriété de l’homme d’affaires Jacques Veyrat via sa holding Impala et qui travaille sur un projet d’introduction en Bourse.

D’autres acteurs d’une envergure moindre poursuivent leur chemin à l’image de Tenergie ou d’Arkolia Energies. Certains étudient des partenariats, d’autres pourraient aussi un jour intéresser les grands groupes. Des opérations restent à venir, sans nul doute.

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