Electromobilité : Greenspot recharge son capital

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(Crédit : Enedis)

La société Greenspot, filiale d’Enersoft spécialisée dans les infrastructures de recharge, vient de réaliser sa première levée de fonds d’un montant de 1 M€. Soutenue par un groupe de business angels, la start-up bordelaise se positionne sur le segment des zones d’activités commerciales et des enseignes de distribution. Elle étudie également la piste de l’hydrogène.

Investisseurs physiques

Ce premier tour de table ...

a été réalisé auprès d’investisseurs physiques dont les noms restent confidentiels. « Il s’agit de six personnes, des entrepreneurs ou chefs d’entreprises aquitains qui souhaitent diversifier leurs investissements », indique Jean-François Belhomme, co-fondateur de Greenspot. Suite à cette levée de fonds, les trois co-fondateurs conservent 2/3 du capital et un pacte d’actionnaires a été signé.

Grâce à cette opération, la start-up va pouvoir développer son offre commerciale et étoffer son équipe par le recrutement d’un responsable marketing, un responsable technique et une assistante. Elle se concentre dans un premier temps sur le marché de la grande consommation. « Nous proposons nos bornes électriques aux grandes surfaces, aux lieux de vie et de consommation en général. Ces groupes sont soucieux d’apporter de nouveaux services à leurs clients pour les fidéliser, en attirer de nouveaux, et aussi pour des raisons d’image. De notre côté, nous leur proposons un service clé en main, de l’installation à la maintenance, pour qu’ils puissent se focaliser sur leur cœur de métier », explique Jean-François Belhomme.

La société a installé 6 bornes de recharge sur des parking Leclerc ou Carrefour. Elle en vise 200 l’année prochaine, 600 puis 1 200 les deux années suivantes. Elle a également mis en service dès 2016 à Bordeaux sa « Greenspot station » qui comprend des services de nettoyage écologique, un employé chargé de brancher le VE pour l’automobiliste et des locations de vélos électriques. Elle compte sur la visibilité offerte par les grandes surfaces pour se forger une image avant d’attaquer dans un second temps le marché des particuliers

Business model payant

Dans cette configuration, Greenspot ne présage pas entièrement du business model de la recharge puisqu’il revient à ses clients de faire payer ou non ce service. Si la recharge est payante, les groupes de distribution ne sont pas pour autant propulsés comme fournisseurs d’électricité. Un régime particulier est attribué en tant que fournisseur de service de mobilité.

De son côté, Greenspot se rémunère par la location des bornes, et des services qu’elle va proposer tels qu’une application pour géolocaliser les points de charge. La société mise sur son service « sur-mesure » consistant à proposer un large éventail de bornes (de 7 à 175 kW) s’adaptant à chaque pas horaires de ses clients : long pour un hôtel, moyen pour un cinéma, court pour la restauration. Pour cela, elle s’appuie sur plusieurs fournisseurs dont certains connus comme ABB, DBT ainsi que EVtronic, un partenaire local.

Quel business model vont donc adopter les grandes enseignes ? « Il est possible que certaines optent dans un premier temps pour la recharge gratuite afin de faire connaître le service, mais il est fort probable qu’elle soit payante ou le devienne », estime Jean-François Belhomme.

Détour vers l’H2

Les ambitions réaffirmées du gouvernement sur l’hydrogène, avec la présentation récente du plan national, pose la question de la cohabitation entre ces deux technologies et du risque éventuel de cannibalisation. En tant qu’installateur et exploitant de bornes de recharge, Greenspot est en première ligne sur cette problématique et ne montre, en l’espèce, aucun dogmatisme. « Nous travaillons sur l’hydrogène et sur la possibilité de lancer un service analogue, peut-être en 2019. C’est une nécessité car il est pour l’heure impossible de savoir laquelle des deux prendra le pas sur l’autre à moyen terme », estime Jean-François Belhomme.