Repsol lance une timide transition énergétique

Print Friendly, PDF & Email
Crédit : Repsol

Repsol était l’un des derniers grands groupes pétroliers européens à ne pas avoir annoncé sa stratégie en matière de transition énergétique. C’est désormais chose faite, à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels la semaine dernière (bénéfice net déclaré de 2,1 Mds€), mais force est de constater que les ambitions de la compagnie espagnole ne sont guère élevées, même sur des secteurs sur lesquels elle a déjà investi.

Gaz naturel et renouvelables

C’est la solution préférée des groupes d’hydrocarbures dans leur mue vers un monde bas carbone. Pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables, ils misent sur l’énergie fossile la moins polluante : le gaz naturel. Repsol ne fait pas [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’guest_error=’Please_Subscribe’]exception à la règle : « le gaz se positionne comme la meilleure alternative de puissance ferme et disponible pour combattre l’intermittence du système (électrique) avant la montée des énergies renouvelables dans le mix », estime le groupe espagnol. Un argument qui permet accessoirement à Repsol de ménager son business model déjà largement tributaire du gaz naturel : 63% de la production et 74% de ses réserves.

Pas d’investissement chiffré

Selon les propres calculs de Respol, l’éolien et le solaire sont déjà plus compétitifs que les centrales combinés gaz, et deviendront dans les prochains moins coûteux que les centrales à charbon.

(c) Repsol

On aurait donc pu s’attendre à quelques annonces chiffrées, mais il n’en est rien. Contrairement à l’italien Eni, qui a récemment doublé ses ambitions en matière d’EnR (1 GW EnR d’ici 2021, 5 GW à l’horizon 2025 et 1,2 Md€ d’investissements), ou à Total qui multiplie les acquisitions, Repsol n’indique pas comment il compte mettre en œuvre sa transition énergétique ni les technologies qu’il va adopter, et n’apporte pas de précision sur celles sur domaines où ils semblent avoir déjà misés.

Présent dans l’électro-mobilité

C’est la cas du véhicule électrique pour lequel il a déployé, à travers sa filiale IBIL, pas moins de 700 points de recharge rapide en Espagne. Pour autant, Antonio Brufau, le PDG de Repsol, ne semble pas convaincu par l’électro-mobilité estimant qu’il « faut éviter l’illusion » que le VE serait rentable à court terme. Et le dirigeant d’estimer que si c’est le cas en 2025 au plus tôt, les subventions qui lui ont été attribuées auraient été mieux utilisées pour augmenter l’efficacité des véhicules thermiques…

Autre secteur qui intéresse potentiellement Repsol : l’éolien offshore. Il est actionnaire de Principle Power, une société américaine qui développe des plateformes flottantes pour l’éolien en mer, et qui a notamment été choisi sur un projet en France pour le parc de Leucate. Mais là encore, aucune annonce concrète n’a été faite par le groupe pétrolier espagnol. [/restrict-content]