Orygeen finalise son premier PPA en France, mise sur la Pologne et l’Espagne

Print Friendly, PDF & Email
Une éolienne du parc de Thibie et Cheniers (Valorem) © Floréane Marinier

Orygeen avance bien sur le segment des power purchase agreements (PPA). Cette société francilienne qui propose des services de performance énergétique (monitoring des consommations d’énergie, optimisation de process, modélisation thermique) assume également des ambitions en matière de PPA et devrait faire une première annonce pour la France dès le mois de juin. L’entreprise dirigée par Jean-Pierre Riche regarde également de près les marchés polonais et espagnols.

Une annonce en juin

Bien décidé à surfer sur la vague des PPA, Orygeen devrait voir ses efforts récompensés en France dès ...

le mois prochain. « Nous allons annoncer le 7 juin notre premier club PPA en France entre une petite dizaine de PME et un développeur renouvelable. L’accord ne représentera que quelques Mégawatts mais ce sera un signal fort car nous voulons montrer qu’il n’y a pas besoin d’être une multinationale pour signer des PPA », indique Jean-Pierre Riche, directeur général d’Orygeen. Si ce dernier ne peut dévoiler le nom des parties-prenantes pour des raisons de confidentialité, il précise que l’accord s’est fait en collaboration avec la région des Hauts-de-France, et surtout le pôle d’excellence Plastium qui regroupe une soixantaine d’acteurs de la filière plasturgie-composites. Il y a donc fort à parier que les acheteurs appartiennent à ce réseau. Ils se feront connaître le mois prochain pour une signature du contrat d’ici la fin de l’année. « Le processus est assez long car c’est encore très nouveau pour les entreprises », explique Jean-Pierre Riche.

Orygeen joue un rôle de conseil en caractérisant les besoins de ses clients, en leur offrant des services marché pour compléter le PPA et en prenant contact avec des développeurs d’énergies renouvelables susceptibles d’être intéressés pour vendre tout ou partie de leur production de gré à gré. Un travail mené en collaboration étroite avec Solvay Energy Services, son partenaire exclusif depuis octobre 2017. La filiale Energie du groupe chimique gère l’intermittence et se pose comme intermédiaire entre les consommateurs et le développeur, avec lequel il signe un contrat unique pour plus de simplicité, notamment pour les clubs PPA qui regroupent plusieurs clients aux profils de consommation différents.

Pologne et Espagne en ligne de mire

Si Orygeen multiplie les prospects dans l’Hexagone, elle ne perd pas de vue les autres marchés européens, bien au contraire. Ils sont, à de nombreux égards, plus propices au développement des PPA. « Nous travaillons actuellement sur un projet de vente d’électricité issue d’un parc éolien en Pologne. C’est un pays très intéressant car son bilan carbone est particulièrement négatif en raison de son énorme parc thermique fonctionnant au charbon. De nombreuses entreprises, ou filiales de grands groupes internationaux, cherchent des PPA pour verdir leur mix électrique local », poursuit Jean-Pierre Riche.

Autre pays européen particulièrement porteur : l’Espagne, en raison de ses prix de l’électricité structurellement élevés (autour de 53 €/MWh) notamment à cause d’un manque d’interconnexions électriques. Parallèlement une multitude de projets solaires ont été lancés hors appels d’offres et cherchent des débouchés. De fait, « en Espagne, les prix des contrats de gré à gré sont 10 à 15% moins chers que ceux pratiqués sur le marché de gros. L’intérêt des PPA est donc évident pour les énergivores qui étudient même parfois la possibilité de contracter des volumes plus importants que leurs besoins dans la perspective de revendre le surplus sur le marché afin d’en obtenir une plus-value », explique Jean-Pierre Riche.

Plus globalement, son partenariat signé avec Solvay doit lui ouvrir les portes d’autres marchés internationaux sur lesquels le groupe de chimie est bien implanté. Orygeen veut finaliser ses premiers PPA cette année et se fixera des objectifs chiffrés à partir de 2019.