China Three Gorges lance son OPA sur Energias de Portugal

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Photo : EDPR

Les rumeurs allaient bon train, elles sont désormais confirmées. China Three Gorges (CTG) veut entrer sur le marché européen de l’énergie en passant par le Portugal, et plus particulièrement au travers d’Energias de Portugal (EDP) dont l’entreprise chinoise détient déjà 23,27% suite à la privatisation de l’électricien national en 2011. EDPR, la filiale renouvelable du groupe portugais, est également concernée.

Une OPA à 12 Mds€

CTG, détenu par l’Etat chinois, a fait part vendredi à la Comisión del Mercado de Valores Mobiliarios (CMVM) de son intention de racheter le capital qu’il ne détient pas encore d’EDP au prix de 3,26 euros par action, soit 4,8% de plus qu’à la clôture de la Bourse de Lisbonne le 12 mai. L’offre publique d’achat valorise la compagnie à [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’guest_error=’Please_Subscribe’]près de 12 milliards d’euros et concerne également sa filiale EDP Renewables puisque sa maison-mère en détient 82,56%, suite à l’échec de sa propre OPA l’été dernier. De fait, le groupe chinois a lancé une 2ème OPA sur EDPR à partir de sa filiale basée au Luxembourg pour récupérer le solde du capital flottant.Si l’opération réussit, China Three Gorges mettra la main sur un groupe qui dispose d‘un parc électrique d’une capacité installée de 26,7 GW, dont 11 GW issus de sa filiale renouvelable (EDPR), répartis entre 5,5 GW en Amérique du nord, 5,2 GW en Europe, et 300 MW au Brésil. Le groupe annonçait par ailleurs fin 2017 quelque 828 MW éoliens en construction, dont la moitié aux Etats-Unis.

En plus de son imposant parc électrique, EDP est le 3ème fournisseur d’électricité de la péninsule ibérique (9,8 millions de clients en Espagne, Portugal et Brésil), il exploite plus de 20 000 kilomètres de lignes électrique et est actionnaire minoritaire de la centrale nucléaire espagnole de Trillo, ce qui rend l’opération extrêmement sensible aux yeux des autorités de Madrid. De son côté, le Premier ministre portugais, António Costa, a décidé de ne pas s’opposer à la transaction qui devra obtenir le feu vert des autorités de la concurrence. Un passage obligé qui pourrait s’avérer difficile, notamment aux Etats-Unis où le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS) regarde de près les actions menées par des groupes publics chinois.

Engie concerné

L’OPA de CTG sur EDP s’inscrit dans un mouvement de concentration des grands acteurs de l’énergie dans le monde et notamment en Europe. L’espagnol Gas Natural Fenosa s’était lui aussi intéressé à EDP en début d’année et cherchait pour se faire l’appui de… China Three Gorges, qui visiblement a préféré y aller seul. Il y a quelques semaines en Allemagne, ce sont RWE et E.ON qui se sont partagés les actifs d’Innogy qui intéressaient également l’espagnol Iberdrola, l’italien Enel et le français Engie.

Le groupe dirigé par Isabelle Kocher est directement concerné par l’OPA de China Three Gorges car son groupe a multiplié ces dernières années les partenariats avec le groupe portugais sur l’éolien en mer. Ils développent ensemble les parcs de Dieppe-Le Tréport et Ile d’Yeu-Noirmoutier, travaillent de concert sur l’appel d’offres au large de Dunkerque, et sont partenaires du futur parc de Moray (Est) en Ecosse. Dans l’éolien flottant, EDPR et Engie sont associés au Portugal pour Windfloat et en France pour le développement du parc de Leucate, en Méditerranée. [/restrict-content]