Siemens Gamesa : Iberdrola demande au gendarme de la Bourse de trancher

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AG SGRE (c) Siemens Gamesa

A l’occasion de son assemblée générale des actionnaires, Ignacio Sánchez Galán, président d’Iberdrola, a expliqué avoir porté le litige qui l’oppose à Siemens dans la gestion de Siemens Gamesa Renewable Energy (SGRE) devant la CNMV, le gendarme de la Bourse espagnole. Le groupe espagnol reproche à son homologue allemand de ne pas respecter le pacte d’actionnaires. Si la CNMV donne raison à Iberdrola, Siemens pourrait être contraint de [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’ guest_error=’Please_Subscribe’]lui racheter ses parts, voire de lancer une OPA.

Transparence

Interrogé par l’un de ses actionnaires, Ignacio Sánchez Galán s’est fait le porte-parole des petits porteurs de SGRE : « Nous sommes un actionnaire minoritaire comme vous, mais nous avons un statut renforcé. Nous demandons la transparence, de meilleures pratiques et que les ressources soient utilisées au bénéfice de tous, et non pas d’un seul », a-t-il affirmé. Cette déclaration est la dernière d’une longue liste qui a mis depuis plusieurs mois un coup de projecteur sur les relations plus que tendues entre les deux principaux actionnaires de SGRE : Siemens (59%) et Iberdrola (8%). Ce dernier, initialement favorable au conglomérat allemand, lui reproche désormais de ne pas laisser l’autonomie promise à SGRE (en lui imposant ses propres fournisseurs par exemple) et de lui facturer des coûts de management exorbitants (70 M€).

Une première tentative de transparence a été menée le 23 mars dernier lors de l’AG annuelle de SGRE au cours de laquelle Iberdrola a déposé deux propositions liées à la gouvernance, toutes deux rejetées. Le 5 avril dernier, une réunion s’est tenue entre les deux présidents, Joe Kaeser et Ignacio Sánchez Galán, pour tenter d’arrondir les angles, rapporte le quotidien espagnol Expansión, mais visiblement elle a été pour le moins infructueuse.

Risque d’OPA

Si le rapport de force semble inégal entre les deux protagonistes, Iberdrola dispose d’une carte maîtresse : la remise en cause du pacte d’actionnaires. En demandant à la Comisión Nacional del Mercado de Valores (CNMV) d’enquêter sur l’organisation mise en place par Siemens depuis l’acquisition de Gamesa, Ignacio Sánchez Galán laisse planer le risque d’une remise en cause de l’opération réalisée en juin 2016.

En faisant qualifier celle-ci de projet industriel, Siemens s’était affranchi de l’obligation de réaliser une offre publique d’achat (OPA) sur Gamesa, ce qui a réduit le coût financier de la transaction. Si la CNMV considère que le pacte n’a pas été respecté, il est prévu qu’Iberdrola puisse exiger de Siemens le rachat de ses titres à 22€ l’action, le pic du cours sur les 11 dernières années. Elle cote aujourd’hui à 13€ environ. Dans le pire des cas, la CNMV pourrait obliger le conglomérat allemand à réaliser l’OPA qu’il était parvenu à esquiver en 2016. Une perspective qui ne l’enchante guère, naturellement.

Siemens serein

Face à l’agitation de son partenaire espagnol, Siemens joue la carte de l’apaisement, jusqu’ici en vain. Lors de l’AG de mars, SGRE a reconfirmé le siège social de la compagnie au Pays Basque, une annonce essentiellement symbolique. Le conglomérat allemand voit dans l’attitude d’Iberdrola la frustration d’un actionnaire déçu par les performances boursières de SGRE. « Il est évident que la première année de Siemens Gamesa n’a pas été conforme à nos attentes. Cela explique que certains de nos actionnaires soient mécontents, et nous également soit dit en passant », a indiqué Joe Kaeser. [/restrict-content]