Route solaire : Colas va lancer une gamme d’offres commerciales en 2019

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(c) Colas

Colas, la filiale de Bouygues spécialisée dans les infrastructures routières, croit dur comme fer à la route solaire. Particulièrement médiatisé par l’ancienne ministre de l’Environnement Ségolène Royal qui avait inauguré un tronçon dans l’Orne, le concept a généré beaucoup de débats notamment sur ses coûts, son impact sonore et sa durabilité. Sauf chez Colas qui continue à multiplier les expérimentations et prévoit de lancer une offre commerciale multi-services début 2019.

Une vingtaine d’expérimentations

Développée par Wattway, la filiale dédiée de Colas, en collaboration avec l’Institut national de l’énergie solaire (Ines), la route solaire se compose de cellules photovoltaïques standards intégrées dans [am4show have=’g1;g2;g4’user_error=’Please_Upgrade’guest_error=’Please_Subscribe’]des encapsulations spécifiques transparentes et capables de résister au poids d’un camion. Depuis les deux premiers tronçons installés en Vendée, Wattway a poursuivi ses expérimentations. La compagnie en compte désormais une vingtaine en France, de Boulogne-Billancourt à Monaco en passant par Amiens ou Marseille, mais aussi à l’étranger (Etats-Unis, Japon, Canada). « Nous avons installé nos routes solaires sur des sites aux caractéristiques de trafic, d’ensoleillement et de vitesse très différentes pour en retirer le plus large retour d’expérience possible », explique Etienne Gaudin, directeur de Wattway.

De ces retours d’expérience multiples, l’entreprise tire des informations précieuses pour créer des solutions adaptées aux usages : « Les observateurs se concentrent beaucoup sur le productible. C’est important en effet mais ce n’est qu’une des nombreuses données pertinentes », souligne Etienne Gaudin. Ce dernier ne voit dans l’injection au réseau que l’une des nombreuses applications de la route solaire, et pas forcément la plus pertinente selon les situations.

Une gamme de services pour 2019

Colas prévoit de lancer au début de l’année prochaine des offres commerciales combinant route solaire et services annexes. Ils peuvent être classés en deux grandes catégories : l’autonomie en zone hors réseau d’une part, et les espaces restreints à forte densité d’autre part. Dans le premier cas, la route solaire joue le rôle de générateur d’électricité à usages multiples comme l’éclairage public, l’alimentation de bâtiments ou de bornes de recharge de petite capacité, pour vélos ou scooters électriques par exemple. Dans cette configuration, la route solaire est associée à un système de stockage qu’il convient de dimensionner finement afin d’assurer une alimentation en continu. La rentabilité d’un tel système serait assurée par les coûts évités (réseau électrique, travaux en tous genres), notamment en zones rurales mal interconnectées.

A l’inverse, la seconde catégorie concerne des territoires à forte densité où le foncier fait défaut, les espaces sont contraints et qui se caractérisent souvent par de fortes densités de population. Dans cette configuration, l’idée est de maximiser l’utilisation de l’espace et d’associer la route solaire à l’ensemble des services « smart city » développés en parallèle par Colas. Il s’agit notamment d’intégrer des LED sur les routes pour programmer ou modifier en temps réel le marquage au sol, notamment sur des zones accidentogènes. Au Japon, Colas est actuellement en discussion avec des collectivités locales, mais aussi des acteurs privés (chaîne de supermarchés)

Un business model viable ?

Reste la question de la rentabilité. Estimés à 6 €/Watt, les premiers prototypes de Wattway avaient de quoi refroidir les ardeurs. Colas communique peu sur ce thème car les business models sont en cours de préparation. Interrogé à ce sujet, Etienne Gaudin assure que des annonces seront faites au 2ème semestre de l’année avant le lancement de la gamme commerciale, et mise beaucoup sur les économies d’échelle. Il se fixe comme objectif d’atteindre rapidement les coûts du photovoltaïque sur toiture. Pour rappel, en ce domaine le dernier appel d’offres français, dont les résultats sont tombés hier, affiche un prix moyen de 80,8 €/MWh. [/restrict-content]