[Exclusif] Baromètre 2017 du crowdfunding EnR : 20,5 M€ investis par les citoyens

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Baromètre 2017 du crowdfunding des EnR

  • 20,5 millions d’euros recueillis auprès des particuliers pour financer les EnR (+78% par rapport à 2016)
  • 92 opérations financées (+39%)
  • 10 plateformes de financement participative actives sur les EnR en 2017

Le financement participatif des énergies renouvelables a franchi la barre des 20 millions d’euros en 2017, selon le Baromètre exclusif réalisé par GreenUnivers avec le soutien de l’association Financement Participatif France. Une progression de 78% par rapport à l’édition 2016 de ce baromètre qui atteste de l’intérêt des particuliers pour les énergies renouvelables (EnR). Le photovoltaïque et l’éolien se partagent l’essentiel des sommes investies, presque exclusivement en dette (prêts, obligations, minibons).

Une dynamique forte et durable

La hausse du financement participatif des EnR (+78%) est impressionnante et montre l’intérêt grandissant des particuliers à se saisir des enjeux de la transition énergétique tout en faisant fructifier leurs investissements. « Ce chiffre illustre l’attrait des Français pour les énergies renouvelables et peut être mis en relief avec le marché global du financement participatif qui a progressé de 44% », se félicite Stéphanie Savel, présidente de Financement Participatif France, l’association professionnelle des acteurs du crowdfunding. A noter que les 20,5 M€ investis en 2017 n’intègrent pas les résultats de l’appel d’offres CRE4, dont un tiers des projets sont, en partie, financés par des particuliers.

Pour 2018, la dynamique devrait se poursuivre : « Les projets proposés sur les plateformes de financement participatif se finalisent rapidement et le contexte européen est très favorable pour la finance verte. Du côté des développeurs aussi l’intérêt pour le crowdfunding n’est maintenant plus à prouver », affirme Stéphanie Savel. De plus, le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) porté par Bruno Lemaire, ministre de l’Economie et des Finances, pourrait influencer favorablement le crowdfunding grâce à un relèvement des seuils minimum de levée de fonds par projet, de 2,5 millions à 5 millions d’euros.

Les EnR rassurent

Le succès du financement participatif dans les EnR est aussi beaucoup lié à la sécurité juridique dont font l’objet ces projets (tarifs d’achat, complément de rémunération). Conformément à une certaine tradition française peu encline au risque, près de 9 projets sur 10 sont financés par la dette, jugée relativement liquide par son horizon raisonnable (5-6 ans). Les investissements dans les EnR font ainsi partie des actifs « rassurants ». De plus, Stéphanie Savel constate que les souscripteurs des années passées réitèrent majoritairement leur confiance dans les projets EnR par effet de capillarité : « Les développeurs s’appuient de plus en plus sur une communauté d’investisseurs particuliers fidèles, ce qui génère un véritable effet d’entraînement », se félicite-t-elle.

Les financements sous forme d’entrée au capital (actions), très minoritaires, concernent davantage des start-up portées sur l’innovation. Ce segment particulier du crowdfunding a représenté en 2017 près d’1,1 M€ dans des secteurs variés comme le solaire, le stockage de la chaleur ou encore l’hydrogène.

Une territorialité qui pose question

Pour autant, certains éléments viennent nuancer un tableau globalement très positif, à l’instar du niveau de financement participatif (entre 10 et 40% selon les projets) jugé trop élevé pour obtenir un bonus réduit à 1 €/MWh. En l’espèce, les résultats entre les plateformes diffèrent très largement : de 0% à 95% de projets bénéficiaires selon les plateformes de financement participatif. Une moyenne pondérée permet d’établir qu’environ 62% des projets ont bénéficié du bonus qui s’élevait en 2017 à 3 €/MWh .

La restriction du crowdfunding aux départements limitrophes pose aussi problème pour la présidente de FPF : « La capacité d’épargne des Français reste assez concentrée sur les régions Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Or ce n’est pas forcément là qu’il y a le plus d’implantations d’énergies renouvelables ». Des discussions sont actuellement menées avec la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) sur ces sujets. La prochaine aura lieu au mois de mai.

Trois régions sont en pointe dans le financement participatif des énergies renouvelables en termes de nombre de projets et de montant investi : Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Auvergne Rhône-Alpes. Ces régions, avec les Pays de la Loire, cumulent des financements participatifs dans trois filières distinctes, alors qu’à l’inverse, l’Île-de-France et la Corse n’en accueillent aucun. A noter également : 1 projet PV sur l’île de la Réunion, 2 projets en Namibie (éolien et solaire), et 1 projet solaire au Bénin.

Vous trouverez ci-dessous la liste des plateformes de financement participatif actives dans le secteur des EnR :

Plateforme Projets financés en 2017
AkuoCoop
Blue Bees
Collecticity
Enerfip
Lendopolis
Lendosphere
Lumo
Sowefund
Tudigo
Wiseed
Zeste
Feedelios
Lita.co
Wedogood