Eolien flottant : la filière se prépare à l’appel d’offres prévu en 2019

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(c)EolMed

Les acteurs de l’éolien flottant se retrouvent demain mercredi à Marseille pour la 5e édition de FOWT (Floating offshore wind turbine), un événement organisé notamment par France Energie Eolienne (FEE). L’occasion de balayer les principaux enjeux d’une filière en pleine transition, du stade expérimental au déploiement commercial. En pointe dans ce domaine, le secteur français attend son premier appel d’offres commercial l’année prochaine et travaille en collaboration avec l’Etat pour éviter le scénario catastrophe de l’éolien posé en mer.

Passer au déploiement industriel

Alors que la première éolienne flottante française s’apprête à prendre le large [am4show have=’g1;g2;g4’user_error=’Please_Upgrade’guest_error=’Please_Subscribe’](Floatgen attend une fenêtre météo favorable), la filière se prépare déjà à la deuxième étape : le déploiement industriel. « L’objectif est de devenir compétitif rapidement en s’appuyant sur le retour d’expérience de l’éolien posé qui s’affranchit désormais de subventions publiques », indique Matthieu Monnier, référent éolien flottant de FEE. La conférence sera ainsi l’occasion de balayer les problématiques économiques, environnementales et techniques liées aux technologies de flotteurs. Plusieurs technologies se font concurrence et la phase d’expérimentation en condition réelle va s’avérer cruciale pour déterminer lesquelles parviendront à tirer leur épingle du jeu. La technologie à axe vertical développée par Nenuphar ne sera pas de celles-ci puisque la société a été mise en liquidation judiciaire le 3 avril dernier.

« Le financement sera aussi un gros sujet car les technologies ne sont pas suffisamment éprouvées pour attirer les gros investisseurs », souligne Matthieu Monnier. Y a-t-il un risque de voir les financements se diriger davantage vers le posé que le flottant ? « Je ne le crois pas car si l’éolien posé est un secteur plus mature, le flottant dispose d’un potentiel plus important en termes de ressources et de taux de charge. De plus, les deux concepts ne se font pas concurrence sur les zones maritimes », assure le référent de FEE qui évalue le potentiel technique français du flottant à 120 GW. L’association a proposé pour la PPE actuellement en discussion un objectif minimum de 6 GW en 2030 répartis à parts égales entre la Méditerranée et la pointe bretonne.

Définition des zones et des prix

Pour atteindre ces objectifs, la filière attend du gouvernement l’organisation d’au moins 2 ou 3 appels d’offres commerciaux, le premier étant prévu pour 2019. En amont de ces compétitions FEE participe avec les services de l’Etat et les directions interrégionales de la mer (DIRM) à la détermination des « zones à vocation ». « La définition de ces zones devrait être finalisée en juin prochain, puis elles seront mises à consultation jusqu’en mars 2019 », indique Matthieu Monnier.

Parallèlement, des discussions sont engagées avec l’Etat pour établir un prix « raisonnable » pour le premier AO commercial de l’éolien flottant. L’objectif affiché est d’éviter que le scénario de l’éolien posé, dont la renégociation des prix est en cours, ne se reproduise. Une possibilité peu probable d’après Matthieu Monnier : « il s’agissait de projets qui avaient accumulé beaucoup de retards en raison notamment des innombrables recours déposés à leur encontre. Or, le gouvernement s’est engagé à simplifier les procédures ce qui bénéficiera aux futurs projets éoliens flottants ». Les négociations entre les acteurs de la filière et le gouvernement sur ce point délicat devraient se conclure le mois prochain selon lui. Pour rappel, l’appel d’offres de 2016 pour les fermes pilotes prévoyaient une aide moyenne de fonctionnement de 240 €/MWh. [/restrict-content]