EMR : Akuo quitte Nemo, Naval Energies veut encore y croire

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Janvier 2017 crédit DCNS Energies

Akuo Energy a annoncé par voie de communiqué sa décision de quitter Nemo, le projet martiniquais d’exploitation du différentiel de températures entre les eaux de surface et profondes. Son partenaire, Naval Energies prend acte avec regret mais ne baisse pas les bras, malgré une conjoncture défavorable pour les énergies marines renouvelables (EMR).

Problème de tuyaux

Dans son communiqué, Akuo Energy explique son retrait par [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’ guest_error=’Please_Subscribe’]le décalage important du projet en raison des difficultés techniques liées à la conduite principale d’aspiration d’eau froide, du ressort de son partenaire Naval Energies « qui a opéré le choix technologique de ce projet ». Interrogé par GreenUnivers, la filiale de l’ex-DCNS confirme : « L’objectif était d’être capable de vider l’équivalent d’une piscine olympique en quelques secondes. Le tuyau de 6 mètres de large et 1 000 mètres de long doit être résistant et souple, à l’instar des équipements pétroliers, mais moins cher. Nous avons constaté en janvier qu’il serait compliqué de relever ce défi technique dans les temps et qu’il nous faudrait davantage de Recherche et Développement ». En clair, le projet allait dépasser délais et budget, et Akuo Energy a préféré jeter l’éponge après avoir, précise-t-il, assuré la structuration, l’organisation et le portage des demandes d’autorisations dont la dernière a été obtenue en février 2017.

Naval Energies l’assure, l’échec de Nemo ne signe pas la fin de ses ambitions dans l’énergie thermique des mers. La compagnie dit vouloir désormais se concentrer sur le modèle onshore du concept, qui consiste à installer la centrale thermique sur terre à l’image de son autre prototype PAT ETM testé à La Réunion, et étudie la possibilité de signer des partenariats avec des sociétés qui pourraient y adjoindre des co-produits type climatisation par eau de mer.

Quid de l’usine de Cherbourg ?

Sur le volet hydrolien aussi, la compagnie a subi des déconvenues. La fin de l’année 2017 a été cauchemardesque avec le départ forcé de son président, Thierry Kalanquin et son remplacement par Laurent Schneider-Maunoury, puis l’annonce de la suppression d’une centaine de postes un mois plus tard. A Paimpol-Bréhat (Côtes-d’Armor), les prototypes testés pour EDF ont quant à eux montré des défauts de corrosion. Néanmoins, le groupe rappelle qu’en Ecosse, sur le site d’essai de l’Emec (Europe Marine Energy Center), le plus récent prototype a fonctionné en mode quasi continu pendant les 3 dernières années, injectant 600 MWh sur le réseau électrique.

Au niveau national, Naval Energies comptait sur un appel d’offres lors des dernières Assises de l’économie de la mer au Havre, pour la ferme de 7 hydroliennes au raz Blanchard et au Fromveur. Las ! Celui-ci se fait toujours attendre alors que dans le même temps la construction de l’usine d’assemblage de Cherbourg, « va être inaugurée dans les prochaines semaines », annonce le porte-parole de Naval Group. Deux commandes sont dans le pipe : une hydrolienne pour Cap Sharp Tidal sur le site canadien de la baie de Fundy qui abrite déjà le plus puissant prototype OpenHydro (2 MW) en cours de réimmersion ; et une autre pour Kyuden Mirai Energy sur les îles Goto (Japon). Après ce sera l’inconnu pour le site du Cotentin et ses salariés.

Enfin sur l’éolien flottant, Naval Energies peut compter sur un horizon plus dégagé avec son projet de Groix & Belle-Île, dans lequel la Caisse des Dépôts et le fonds d’investissement Meridiam sont entrés au capital l’année dernière. [/restrict-content]