Contrats d’électricité verte : les Français à la traîne

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Voici un classement dans lequel la France ne se distingue guère. Elle est avant-dernière dans la liste des pays européens en termes de taux de pénétration des offres d’électricité verte. C’est la conclusion d’un focus réalisé par Watt’s Next Conseil qui a compilé les données de l’AIB (Association of Issuing Bodies) et d’Entso-e, l’association européenne des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité.

Taux de pénétration de 5%

Selon les calculs de Watt’s Next Conseil, le taux de pénétration des offres de fourniture d’électricité verte en France s’élève à 5%, contre 85% en Suisse, [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’ guest_error=’Please_Subscribe’]28% en Espagne ou encore 17% en Allemagne. L’Hexagone ne devance que la République tchèque (2%) et arrive loin de la moyenne européenne (20%). Pour parvenir à ces chiffres, le cabinet de conseil a rapporté la production des garanties d’origine (GO) à leur consommation, en tenant compte des flux d’importation/exportation. En l’occurrence, la France dispose d’un volume de garanties d’origine élevé grâce à son parc hydraulique et se positionne même comme le 4ème exportateur européen de GO avec 26 TWh.

(c) Watt’s Next Conseil

« On aurait pu s’attendre à un lien de corrélation entre la production de garanties d’origine et le taux de pénétration des offres vertes, mais il n’en est rien. Au contraire, les Pays-Bas sont 2ème du classement avec un taux de pénétration de 43% alors qu’ils importent 40% de leurs garanties d’origine », indique Damien Heddebaut, associé de Watt’s Next Conseil.

Manque d’engouement des Français

Selon ce dernier, les raisons sont plutôt à trouver du côté de la demande. Comprenez, le manque d’engouement des clients français pour les offres d’électricité verte. Et ce alors que « la très grande majorité des fournisseurs proposent une offre d’électricité verte. Certains d’entre eux ont même fait le choix de ne proposer que des offres vertes, sur le mass market notamment. C’est par exemple le cas d’ekWateur, Ilek ou encore Engie et EDF* », explique Damien Heddebaut.

Problème, le marché français de l’électricité est encore peu actif et largement dominé par son opérateur historique, même si celui-ci perd chaque année plus d’abonnés (plus d’un million en 2017). Les Français ont tendance à conserver leurs anciens contrats plus longtemps que les autres européens, d’autant qu’ils payent leur électricité moins cher que la plupart d’entre eux. Autre explication possible, le mix électrique français largement décarboné grâce au parc nucléaire pourrait réduire l’attrait vers d’autres offres non émettrices de CO2.

Quid du décret du 5 avril 2018 sur la mise aux enchères des garanties d’origine ? Selon Watt’s Next Conseil, sa mise en application conduira globalement à un doublement de la production de garanties d’origine françaises.

*Hors tarifs réglementés de vente[/restrict-content]