Arkolia Energies à fond sur le bridge financing pour enjamber les banques

Print Friendly, PDF & Email
(Crédit : Arkolia)

Arkolia Energies a bouclé coup sur coup deux opérations de bridge financing avec Eiffel Energy Transition et RGreen pour respectivement 7,5 et 12 millions d’euros. Le développeur héraultais mise beaucoup sur cet outil de financement innovant qui lui permet de lisser sa construction de centrales et de s’affranchir un peu des contraintes bancaires.

Enchaîner les constructions

Le bridge financing consiste [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’ guest_error=’Please_Subscribe’]à prêter sur des périodes courtes des sommes modestes mais suffisantes pour permettre à des sociétés de projet de lancer la construction de centrales avant l’arrivée des investisseurs de long terme. Un outil sur lequel Laurent Bonhomme, co-fondateur d’Arkolia Energies, ne tarit pas d’éloges : « C’est un préfinancement parfaitement adapté à nos besoins. Cette année, nous avons 400 centrales à construire, c’est énorme. Si nous devions attendre les banques et leurs exigences sans fin, ce serait ingérable. A l’inverse, grâce au financement bridge, nous enchaînons les constructions. Une fois le projet réalisé, on substitue le bridge par un financement à moyen ou long terme et on passe au suivant. C’est beaucoup plus rapide, et surtout, cela nous permet de lisser notre production de centrales ».

Concrètement, Arkolia Energies a bouclé deux financements. Le premier de 7,5 millions d’euros avec Eiffel Energy Transition, un fonds dédié lancé l’année dernière par Fabrice Dumonteil, président d’Eiffel Investment. Le deuxième de 12 millions d’euros avec RGreen Invest présidé par Nicolas Rochon. Les deux auront une durée de deux ans et un taux d’intérêt de 7%. Ces opérations vont permettre à l’entreprise d’accélérer son développement et contribuer à la mise en service de plus de 50 MWc de centrales photovoltaïques en 2018.

Davantage de projets en propre

Arkolia Energies s’est fait une spécialité de la construction de centrales photovoltaïques sur toitures, ombrières, mais aussi au sol. Il est également présent sur le segment éolien terrestre et flottant ainsi que dans la méthanisation. La construction de centrales représente près de deux tiers de son chiffre d’affaires en 2017 qui s’élève à 40 M€ (28 M€ pour la construction et 12 M€ pour la vente d’électricité).

La compagnie a financé jusqu’ici ses projets grâce à des véhicules de co-investissement montés en partenariat avec la Caisse de Dépôts, GreenCity Energy et Acofi. Le petit dernier, ASP6, doit bientôt voir le jour pour financer la construction de deux parcs éoliens, deux centrales solaires au sol et entre 200 et 300 installations PV sur toits. « Nous allons continuer à nous appuyer sur nos partenaires historiques tout en augmentant notre portefeuille de projets détenus en propre. Ils seront désormais majoritaires », indique Laurent Bonhomme. Arkelia Energies détient 100 MW photovoltaïques en propre, 40 MW éoliens en construction ainsi que deux projets de méthanisation de 500 kW chacun (+ 2 autres en développement).

Nouvelle dimension

Avec ses 61 salariés répartis sur sept agences, dont une nouvelle créée à Montluçon (Allier), Arkelia Energies a changé de dimension. « Passer de 20 à plus de 50 salariés n’est pas forcément évident », concède Laurent Bonhomme. Et de poursuivre : « Notre modèle informel a dû être revu pour intégrer des process. La consultante du programme Bpifrance Accélérateur PME a été d’une grande aide pour faire muer notre modèle ». Une réorganisation qui s’est traduite par exemple par une segmentation par métiers (conception, construction, financement) et non plus par filières. Grâce à ces changements organisationnels, Arkelia Energies vise un doublement de son CA consolidé (100 M€) et 200 MWc en exploitation à l’horizon 2022.

Et l’international ? Très peu pour Arkelia Energies qui s’est cassé les dents sur un projet au Ghana qui n’a jamais abouti et laissé une ardoise de 200 000 €, ainsi que des tentatives avortées en Arabie Saoudite, Maroc et Algérie. La société est néanmoins sortie de l’Hexagone mais toujours en France (Guyanne, Martinique, Guadeloupe) grâce à une série de 80 chantiers photovoltaïques en développement (dont une vingtaine prévus pour cette année) avec un partenaire local dont le nom reste confidentiel. [/restrict-content]