Aquaphile va installer une hydrolienne de 20 kW dans le fleuve Congo

Print Friendly, PDF & Email
Hydro-Gen (c)Aquaphile

La micro-entreprise Aquaphile a signé le 10 avril une convention avec le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) permettant la fabrication et l’installation au 2ème semestre 2018 d’une hydrolienne Hydro-Gen de 20 kW sur le fleuve Congo. Le projet, monté en coopération avec des ONG, alimentera un village qui n’avait jusque-là pas accès à l’électricité.

Système innovant

Hydro-Gen est un système intégré sur [am4show have=’g1;g2;g4′ user_error=’Please_Upgrade’guest_error=’Please_Subscribe’]une barge. Cela permet une installation simplifiée de la turbine hydrolienne et des opérations d’entretien. La turbine se situe sous la barge mais elle peut être remontée sur le pont et descendue dans l’eau en moins d’une minute, selon son concepteur. Un avantage pour la maintenance (une personne seule suffit), sans intervention subaquatique. La barge, qui est motorisée, installe elle-même ses lignes de mouillage, ou les déplace en fonction de la saisonnalité, en toute autonomie, sans le secours d’aucun soutien extérieur de type remorqueur ou grue. Grâce à la convention signée avec le FFEM qui finance un tiers du projet, la construction de l’hydrolienne va être lancée à Lyon. Elle durera jusqu’en juin/juillet puis sera testée dans le Finistère avant d’être expédiée en Afrique au deuxième semestre de l’année.

Approche économique et humanitaire

Aquaphile conçoit, fabrique et commercialise des hydroliennes « Hydro-Gen » maritimes ou fluviales de moyenne puissance (20 à 70 kW) plus adaptées à l’alimentation électrique des sites isolés. Après avoir installé une première hydrolienne en République Démocratique du Congo fin 2017, la compagnie récidive donc dans le pays voisin, la République du Congo. Elle a élaboré une approche originale mêlant humanitaire et rentabilité économique : « Nous sommes sur un marché très concurrentiel. Je ne voulais pas développer une technologie impossible à commercialiser par la suite. On tourne aujourd’hui autour de 10 centimes d’euro par kWh généré et j’espère pouvoir encore diminuer les coûts pour atteindre un niveau low cost », explique son fondateur David Adrian.

L’hydrolienne sera implantée à proximité du village de Loubassa, au bord du fleuve Congo pour alimenter sans intermittence une « unité de services essentiels », c’est-à-dire des équipements permettant aux habitants du village d’améliorer leurs conditions de vie, de développer une activité économique agricole, artisanale et de pêche. Un volet social développé en partenariat avec l’association française [email protected] qui gèrera ces services essentiels et une association locale qui fournira et formera le personnel à la maintenance de l’installation. C’est grâce à cette approche duale qu’Aquaphile est parvenu à attirer des financements publics/privés, même si l’entreprise est toujours à la recherche de mécènes. David Adrian souhaite dupliquer ce modèle en Afrique, partout où les conditions qui le permettent seront remplies (zone non connectée, fleuve à proximité et plus-value sociale).

Une technologie vers la maturité

Aquaphile n’est pas la seule à s’intéresser au Congo. En 2016, EcoCinetic signait avec l’association locale GDCAM une commande pour 10 hydroliennes également connectées à un micro-réseau congolais. De toutes les énergies marines, les installations tirant profit du courant sont les plus matures et se dirigent progressivement vers la rentabilité, notamment en eau douce, moins corrosive pour les matériaux.

Bordeaux accueille sur son site Seeneoh (Site expérimental estuarien national pour l’essai et l’optimisation d’hydroliennes) le prototype de l’entreprise Hydrotube mis en service en décembre dernier et plus récemment encore, celui d’Hydroquest inauguré par le Maire de la ville, Alain Juppé. La PME grenobloise est depuis passée à la vitesse supérieure et déploie actuellement une ferme de 39 hydroliennes fluviales sur le Rhône. Elle espère atteindre à l’horizon 2021 une centaine d’hydroliennes en fonctionnement en France mais aussi en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

La technologie Open-Hydro, reprise par Naval Energie (ex-DCNS) de plus forte puissance (2 MW) a connu des difficultés sur le site de Paimpol-Bréhat mais fonctionne au Canada et en Ecosse, et va s’exporter prochainement au Japon. [/restrict-content]