Vehicle to grid : les bonnes idées de la Californie

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Spécialiste de la recharge intelligente des véhicules électriques et des prestations énergétiques associées, en particulier vers les réseaux, eMotorWerks va accentuer ses opérations en Europe, après avoir fait ses armes en Californie. Dans cet état américain, la réglementation a évolué ces dernières années, parfois dans la douleur. Elle autorise aujourd’hui un début de modèle économique dans l’univers du vehicle to grid .

Trois évolutions essentielles

Selon eMotorWerks, cette adaptation préfigure en partie ce qui va se passer en Europe, même si celle-ci reste une addition de « market designs » nationaux : « Ce qui se passe en Californie va se produire partout, du fait de l’arrivée des véhicules électriques, prévoit Vincent Schachter, senior vice president energy services d’eMotorWerks. En Europe, ce sera particulièrement vrai en Allemagne, Grande-Bretagne et France, les trois grands marchés du VE ».

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Et donc, quelle réglementation va poindre, sachant qu’elle sera déterminante pour déclencher ou freiner les initiatives ? « La Californie a évolué plus vite que tout le monde dans trois domaines : l’agrégation de petites capacités décentralisées, la valeur du MWh effacé, équivalente à celle du MWh produit et  ...

enfin les prix nodaux, c’est-à-dire le fait que 3 800 prix de l’énergie sont possibles en fonction des caractéristiques locales des réseaux électriques et notamment de leur congestion », explique Vincent Schachter.

En France, les besoins locaux du réseau ne sont connus en détail que du gestionnaire. La rémunération incitative de l’effacement est aussi un point clé, qui a émergé aux Etats-Unis après une bataille juridique perdue par les producteurs d’énergie. Par dessus le marché, l’autorité de régulation californienne a décidé de faciliter la participation des agrégateurs à toutes les enchères de l’électricité, des marchés les plus court terme au plus long terme. Cette mesure a levé des barrières à l’entrée pour les petits agrégateurs tels que e-MotorWerks.

Le réseau français surcapacitaire

A ces trois évolutions purement « régulatoires » s’ajoutent, toujours selon Vincent Schachter, un état d’esprit qui consiste à ajuster le plus vite possible la réglementation aux expérimentations réussies et un contexte essentiel, celui du dimensionnement du réseau : « Le réseau électrique français est plutôt surdimensionné, l’américain pas du tout, affichant de ce fait un besoin inhérent de flexibilité. On retrouve ce besoin en Grande-Bretagne, à cause de l’insularité », constate ce professionnel. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne se passera rien en France. D’ailleurs, eMotorWerks compte bien grandir en France et a recruté à cet effet.

Cette société de 60 personnes, lancée commercialement en 2014 et rachetée l’année dernière par l’énergéticien italien Enel, a en tout cas intérêt à ce que le cadre réglementaire s’assouplisse encore en Europe. Une partie du chiffre d’affaires de cet opérateur de bornes de recharge est issue du smart charging, via une plateforme logicielle, et donc de la monétisation des services rendus au réseau par les batteries des véhicules électriques, c’est-à-dire la production ou l’effacement au bon moment.