Plan Hydrogène gouvernemental : quelles mesures pour « accélérer » ?

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(Crédit : Plastic Omnium)

Prévu initialement pour fin janvier, le rapport sur le déploiement à grande échelle de l’hydrogène en France, préparé par la Direction générale de l’énergie et du climat et le CEA, se finalise. C’est le préalable à la présentation d’une stratégie H2 globale et long terme par le ministère de la Transition écologique et solidaire, que Nicolas Hulot souhaite la plus claire possible. 

Adapter la sécurité

Les professionnels de la filière en attendent aussi beaucoup, dans plusieurs domaines. La réglementation pour commencer, qualifiée par Fabio Ferrari, fondateur de Symbio, de « problème numéro un »,  lors des Assises de la transition énergétique à Genève, début février. En cause les normes de sécurité qui encadrent la production et l’utilisation de la molécule. Des distances minimales sont notamment imposées aux installations de production par rapport aux habitations, donc aux ...

 stations destinées aux milieux urbains, qui peuvent se retrouver inutilisables. Comme le précise Pascal Mauberger, président de McPhy, l’hydrogène, longtemps cantonnée aux enceintes industrielles, va se trouver au contact du public : « il faut trouver les justes mesures de précaution, ni trop, ni trop peu. »

Des appels d’offres réguliers et significatifs

La filière a fait deux autres types de propositions aux auteurs du rapport : générer des contrats commerciaux et alimenter l’investissement, public ou privé. Les contrats, ce sont en particulier des appels d’offres avec des objectifs ambitieux et échelonnés pour les stations de recharge dans l’Hexagone – le Japon vise ainsi 225 points en 2025 et 900 en 2030. La région Auvergne Rhône Alpes a pour sa part décidé d’anticiper en la matière. Idem pour le stockage, en particulier dans les DOM.

L’argent, c’est celui destiné à favoriser la croissance des start-up et PME de l’hydrogène, ce qui peut passer par des garanties financières – les clients potentiels hésitent à passer un contrat de plusieurs millions d’euros avec une start-up –, des soutiens publics en fonds propres et prêts. Il reste à évaluer le budget que supposent ces mesures accélératrices.

Cela dit, tout n’est pas du ressort de la puissance publique : le mouvement de « scaling up » suppose aussi une consolidation, via des rapprochements entre PME ou l’arrivée de grands groupes. Engie a clairement annoncé la couleur à cet égard. Pour sa part, McPhy a rappelé, lors de la présentation de ses résultats annuels, que « pour accompagner ce « passage à l’échelle », le groupe continue d’étudier plusieurs options stratégiques, pouvant aller jusqu’à l’adossement industriel, en vue d’accélérer son expansion commerciale et de renforcer sa structure financière ».