McPhy porté par ses puissants électrolyseurs

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(Crédit : McPhy)

Le spécialiste français des électrolyseurs verts voit de plus en plus la vie en rose. Coté sur Euronext, il a détaillé aujourd’hui ses résultats pour 2017. La rentabilité n’est pas encore au rendez-vous (perte nette de 6,7 M€, – 8,2 M€ en 2016), mais l’activité est en croissance de 34% et dépasse la dizaine de millions d’euros. Pour mémoire, ce chiffre d’affaires était inférieur à 4 M€ il y a deux ans et a donc plus que doublé sur la période. « Nous figurons dans le top 3 des spécialistes mondiaux », affirme Pascal Mauberger, président d’une société qui tutoie maintenant le norvégien NEL et le canadien Hydrogenics. 

L’H2 vert au prix du classique…

Le moteur de cette croissance pour le français, qui a réalisé une levée de fonds express de 4,6 M€ en novembre dernier ? Une demande plus affirmée pour des électrolyseurs puissants et compétitifs avec l’H2 conventionnel. Ce qui selon Pascal Mauberger favorise les choix historiques de McPhy, resté par exemple sur la bonne vieille technologie alcaline upgradée par opposition à la membranaire – une technologie que produit un autre français, Areva H2Gen, lui aussi à la recherche de fortes capacités« Nous avons les bons produits, avec la puissance nécessaire. McPhy va d’ailleurs annoncer une nouvelle  ...

plateforme d’électrolyse, pour des puissances de 20 MW et plus, avec à la sortie de l’hydrogène au même coût que celle issue du vaporeformage », explique Pascal Mauberger.

Des demandes pour des unités allant jusqu’à 100 MW ne sont apparemment plus de la science-fiction. Moins onéreux, l’H2 issu de l’électricité intéresse de plus en plus de monde, par exemple le fabricant français de semi-conducteurs Minatec, qui achète son H2 à Engie Cofely, lequel s’est équipé en décembre dernier d’un équipement McPhy. Ce marché industriel représente un gros tiers du CA. Celui du power to gas se situe au même niveau et se trouve porté par les besoins d’intégration des EnR et d’équilibrage réseau, ce qu’autorise le stockage H2. Le segment a généré le plus gros contrat de McPhy en 2017, en Chine, pour un producteur éolien.

… et de l’essence

Le secteur le moins contributeur pour McPhy est paradoxalement celui qui fait le plus de buzz en général : le transport. La société a livré plusieurs plateformes en 2017, en France (à Sarreguemines), en Grande-Bretagne et à Singapour. Mais le marché est très loin d’avoir décollé. Pascal Mauberger y croit néanmoins très fort et met en avant la mini-plateforme SimpleFuel, à 250 000 €, destinée aux flottes d’entreprises et aux concessionnaires automobiles, entre autres. L’appareil, dont McPhy a l’exclusivité pour l’Europe est sorti du stade de prototype et en est à la qualification par les constructeurs automobiles concernés. Selon le président, « il suscite beaucoup de demandes, que l’on va avoir du mal à livrer ».

Comme pour les débouchés industriels, ce pionnier affirme que l’H2 version mobilité, totalement décentralisé par définition, génère un coût de l’ordre de 10 euros aux 100 km, et est donc comparable à celui de l’essence. Le tout avec un ravitaillement de quelques minutes et des autonomies qui atteindront 800 km, comme le promet la future Hyundai. Sur longue distance ou pour les gros volumes (camions, cars, bus…), les batteries n’auraient qu’à bien se tenir… : « Les villes regardent de très près le sujet hydrogène pour le transport collectif, en France – à Pau, à Auxerre, NDLR – en Allemagne, en Scandinavie, mais aussi en Chine, car les territoires urbains y sont étendus. Nous venons de gagner une première station sur ce créneau », annonce Pascal Mauberger, sans préciser le pays. La mobilité ne forme pas le gros de l’activité présente de McPhy, mais ses perspectives dépasseront peut-être à terme celles des autres applications, si les batteries ne deviennent pas hégémoniques