Les fonds régionaux TE, avec divers modèles public-privé, font tache d’huile

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(Crédit : Oser)

Présentée officiellement aujourd’hui à l’occasion des Assises de la transition énergétique à Genève mais annoncée en décembre, l’association des fonds régionaux dédiés à l’investissement dans les projets d’énergies renouvelables, baptisée FRTE, veut que ses membres soient « représentés dans les différentes filières : solaire, éolienne, biogaz…. De même qu’auprès des pouvoirs publics, la Commission de régulation de l’énergie, la DGEC, les élus… », comme l’explique Benoit Lemaignan, directeur du fonds Oser et président de FRTE. Par exemple, l’association souhaite participer aux réflexions des groupes de travail solaire et méthanisation, en particulier celles liées au financement.

La jeune association réunit sept membres pour l’instant, parmi lesquels Oser donc (Auvergne Rhône-Alpes), MPEI (Occitanie) et Eilan (Bretagne), qui sont des précurseurs – Eilan a ainsi été créée en 2011. Ils ont été rejoints par Terra Energies (Nouvelle Aquitaine), Energies Posit’if (Ile-de-France) et Cap3RI (Hauts-de-France).

Attelage public-privé

D’autres régions, à divers stades à l’heure actuelle de préparation de leur outil financier, font ou vont faire ...

de même : le GrandEst, les Pays de la Loire, PACA et sans doute Bourgogne Franche-Comté. Le principe d’entrer au capital des projets, pour accélérer le mouvement tend à se faire de plus en plus en associant des investisseurs privés à la démarche. De manière à démultiplier des moyens qui ne sont pas immenses mais aussi profiter du souci de performance du secteur privé, en lui déléguant parfois toute la gestion Le fonds Cap3RI et sa culture proche du private equity est une manifestation de ce souci. 

Grand Est : SEM + filiale dédiée, avec acteurs de l’ESS

En revanche, dans le Grand-Est, un modèle plus « inclusif » va être adopté, du type de celui que développe Eilan ou MPEI. C’est le choix de la SEBL (Société d’équipement du bassin lorrain), une historique (créée en 1956) société d’économie mixte d’aménagement et de construction. Elle vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour créer GRand-Est Energies Nouvelles (GREEN…), un fonds dédié à l’entrée au capital de sociétés de projets TE et à la gestion de l’investissement. Comme l’explique Fanny Allaneau, directrice technique transition énergétique de la SEBL, l’AMI vise à faire entrer au capital des partenaires bancaires, par exemple le Crédit Agricole, des structures d’investissement appartenant plutôt à l’économie sociale et solidaire (ESS) comme la Nef ou Energie Partagée et des régies locales de distribution, qui ont le droit de produire de l’énergie. L’AMI sera clos mi-mars et le tour de table défini d’ici début avril. 

La société doit ensuite voir le jour avant septembre. L’objectif est de lever au moins 4,1 M€, dont la moitié apportée par la SEM, puis d’atteindre 10 M€ dans trois ans. Le scope sera EnR&R et incluera ainsi les énergies de récupération, ie les combustibles solides résiduels et la chaleur fatale industrielle. La SEBL a en effet une bonne connaissance du gisement de chaleur industrielle résiduelle dans la région, suite à une mission pour la région sur les changements dans l’industrie qui a révélé nombre de sites potentiels. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Pour démarrer, GRand Est Energies Nouvelles devrait investir dans plusieurs projets de méthanisation et regarder des dossiers éoliens et hydroélectricité.