Engie vise au moins 5% de croissance cette année dans ses trois « métiers »

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Article complété le 16 01 2018

Engie a bouclé 90% de son plan de cession de 15 Mds€ d’actifs entamé en 2015 et sécurisé une proportion équivalente de son plan d’investissement, du même montant, même si seuls les deux tiers ont été effectivement dépensés. « Nous allons plus vite que prévu », s’est réjoui Isabelle Kocher, lors de ses voeux à la presse ce matin. La directrice générale du groupe anticipe une croissance de 5% cette année dans les trois grands métiers d’Engie : l’électricité bas carbone, les infrastructures gazières et électriques, les « solutions décentralisées » – notamment les services énergétiques, le tout sur fond de mutation numérique.

Rentabilité améliorée

La dirigeante n’a pas dévoilé de chiffres sur la rentabilité mais signale ...

que « la bascule – le changement de stratégie de 2015, NDLR – a amélioré le retour sur les capitaux engagés. » De quoi conforter sa position à la tête de l’exécutif, alors que Gérard Mestrallet, artisan de la construction du groupe et désormais président du conseil d’administration, doit passer la main en mai prochain.

Ces investissements massifs ont notamment été fléchés vers l’achat de projets et de développeurs d’énergies renouvelables, en France et à l’international. Isabelle Kocher annonce la bagatelle de 12 GW de capacités mondiales supplémentaires en deux ans, barrages hydroélectriques compris, mis en service (6 GW) ou « sécurisés », c’est-à-dire proches de la construction. Lesquels s’ajoutent aux 20 GW en portefeuille. En France et en 2017, le groupe déjà leader dans l’éolien le serait aussi devenu dans le secteur photovoltaïque. A noter la présence anecdotique du biogaz pour l’instant dans le portefeuille de l’ex GDF-Suez, mais cela devrait changer, même si « un gros travail reste à faire pour baisser les coûts » dans cette filière, selon Isabelle Kocher.

Le géant cherche de nouveaux amis

Parmi les chantiers prioritaires de cet énergéticien présent dans 70 pays figure l’accélération des partenariats en tous genres, 2018 étant vue comme une année décisive à cet égard : « les partenariats sont cruciaux, car ils sont la garantie que nous sommes au coeur des préoccupations locales », explique Isabelle Kocher, citant en exemple l’accord en 2017 et à 40/60 avec l’investisseur d’Abu Dhabi Mubadala dans le spécialiste de la climatisation Tabreed. Ces alliances servent aussi à valider les hypothèses sur les métiers et outils de demain ou d’après-demain.

A cet égard et cette année, Engie veut prospecter plus vigoureusement dans au moins trois domaines : l’hydrogène –un centre de profit est en cours de création -, la mobilité décarbonée et le off gridL’énergéticien a déjà fait l’acquisition en octobre dernier de Fenix, un spécialiste américain du hors réseau solaire domestique en Afrique, en particulier en Ouganda, où il compte 140 000 clients.

En 2016, le chiffre d’affaires de ce groupe de 150 000 collaborateurs s’était élevé à 66,6 Mds€, contre 69,9 Mds€ en 2015. La perte nette s’élevait à 400 M€, contre 4,6 Mds€  l’année précédente, année de sa « révolution énergétique ». Engie était aussi parvenu à réduire légèrement sa dette, qui atteignait quand même 24,8 Mds€. Six mois plus tard, au 30 juin 2017, le chiffre d’affaire s’élevait à 33,1 Mds€, le résultat net part du groupe à 1,3 Md€ et la dette, à 22,7 Mds€.