EDF prépare une offre commerciale sur les microgrids

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(DR)

Article actualisé le 14 février 2018 avec des précisions d’EDF R&D –

Il est censé devenir un projet fer de lance pour la filière smart grid française, qui veut percer sur le marché asiatique. Le démonstrateur Masera – Microgrid for affordable and sustainable electricity in remote areas – a été mis en avant par l’association professionnelle Think Smartgrids lors de ses vœux pour 2018. Après la signature d’un accord fin 2017 avec l’université technologique de Nanyang de Singapour, il doit rentrer cette année dans sa phase concrète avec ...

la mise en service d’une installation sur une île au sud de cet État asiatique. « Le but est de développer une offre commerciale innovante pour les pays d’Asie du sud-est », a présenté Kevin Choletais, chef du projet chez EDF R&D, qui coordonne le démonstrateur. « Une offre de microgrid low cost qui combine fiabilité, facilité de déploiement et réplicabilité. »

Deux technologies de batteries

Le projet doit durer quatre ans. Il est pour l’instant prévu de tester en grandeur réelle l’équilibre offre-demande sur un micro-réseau associant des moteurs Diesel (40 kW), une production photovoltaïque (40 à 50 kWc) avec une technologie biface et deux solutions de stockage : des batteries lithium-ion de seconde vie (40 kWh) et des batteries zinc-air (10 kWh) développées par la start-up Zinium, un essaimage de la recherche d’EDF.

Du côté de la demande d’électricité, le démonstrateur pourrait intégrer la consommation d’une usine de dessalement, un véhicule électrique avec une borne de recharge, et une simulation de différents profils de consommateurs, en particulier de bâtiments résidentiels, première cible commerciale de la future offre.

L’Asie et l’Afrique

L’idée est de constituer autour de ce démonstrateur un consortium pour promouvoir le savoir-faire français dans le smart grid. Le nom de l’industriel Socomec est notamment cité pour les onduleurs et le contrôleur d’îlotage du micro-réseau. Le gestionnaire de réseau Enedis et la start-up Store & Forecast, un essaimage d’EDF R&D comme Zinium, doivent aussi participer au projet. « Nous cherchons d’abord à faire la démonstration de l’intégration de différentes briques existantes pour une mise en service en octobre prochain. Ensuite, nous allons tester aussi différentes technologies en cours de développement. Notre but est d’aller vers des solutions standards, industrielles et duplicables », prévoit Pierre Lemerle, directeur programmes réseaux chez EDF R&D.

Des solutions capables de répondre à diverses demandes, puisque les conditions d’exploitation dépendront in fine fortement des situations locales. « Nous allons étudier les liens entre les performances techniques et les enjeux financiers, analyser différents leviers de coûts pour déterminer comment optimiser l’ensemble tout répondant à chaque contexte local. »

Des micro-réseaux sur les îles françaises

La filière revendique déjà plus de 200 projets smart grid en opération ou en cours de réalisation dans des zones non-interconnectées. « L’enjeu est de s’imposer à l’international. En Asie du sud-est, où il y a énormément d’îles, et en Afrique », expliquait en octobre 2017 à GreenUnivers Michael Lippert, marketing & business development manager chez Saft. Mais le modèle technico-économique des micro-réseaux électriques reste à consolider, en particulier sur les îles, d’autant que « plus le microgrid est petit, plus son pilotage est difficile, souligne Pierre Lemerle.

C’est la raison pour laquelle l’énergéticien multiplie les projets. A l’été 2017, il a par exemple mis en service des installations de stockage par batteries lithium-ion pour tester des micro-réseaux sur les îles françaises de Sein et d’Ouessant. La taille de ces deux projets n’est pas la même : les capacités de stockage y atteignent respectivement 200 kW et 170 kWh sur l’île de Sein, 1 MW et 500 kWh à Ouessant. Dans les deux cas, l’objectif est d’atteindre une part de 50% d’énergies renouvelables dans le mix local de production d’électricité d’ici 2023.