Flexibilité : Interflex entre dans le vif du sujet à Nice

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(Crédit : Enedis)

Article modifié le 21 12 2017 – 

Dans les Alpes-Maritimes, la flexibilité pour les réseaux électriques locaux va passer aux travaux pratiques. EDF et Engie, membres du projet Nice Smart Valley (5 M€) qui a inauguré aujourd’hui un showroom sur la Promenade des Anglais, doivent commencer à trouver des clients en 2018. Ils jouent ici un rôle d’agrégateur. Ils doivent réunir et gérer plusieurs mégawatts de capacités de flexibilité pour aider le gestionnaire de distribution Enedis à intégrer au meilleur coût les énergies renouvelables et les futurs véhicules électriques. Ce qui consiste notamment à éviter au maximum de renforcer le réseau.

Objectif résilience pour Enedis

Nice Smart Valley fait partie d’un vaste projet européen qui associe 5 pays. Baptisé Interflex, il est dédié à l’adaptation des réseaux de distribution à la nouvelle donne énergétique. La déclinaison niçoise se caractérise par son ampleur : elle doit associer ...

 plus de 15 000 clients basse tension – des professionnels et des particuliers – et une centaine de sites en haute tension. L’opération est pilotée depuis Nice mais mobilise des territoires-types parfois éloignés : un quartier de la ville, l’aéroport, la station de ski Isola 2000, les îles de Lérins, entre autres.

Les travaux prévus doivent identifier, mesurer et valoriser la flexibilité dont Enedis, coordinateur de tout le projet, aura besoinLe gestionnaire de réseau va notamment tester des outils de gestion pour réduire ses coûts mais aussi des dispositifs de stockage. EDF et Engie vont quant à eux recruter puis gérer des consommateurs et producteurs de différents profils. « Nous recherchons des sites avec des flexibilités de consommation qui peuvent être utilisées sans impact pour le client. Cela nécessite d’installer des box et des capteurs chez les clients, qui nous laissent piloter leurs usages selon un cadre défini avec eux, mais qui ont toujours la possibilité de refuser ou d’annuler une activation de leur flexibilité », explique Guillaume Lehec, responsable de l’offre microgrids au sein de Global Energy Management (GEM), la business unit d’Engie qui assure l’interface du groupe avec les marchés et les gestionnaires de réseaux.

Plus globalement, la mission d’Engie vise trois objectifs : 1) éviter de renforcer le réseau local ; 2) garder en vie un îlot en cas de coupure générale ; 3) faire de même lors de travaux programmés sur le réseau. A cette fin, l’énergéticien va faire appel au stockage et travaille déjà sur une batterie de 100 kW/ 300 kWh. Le rôle d’EDF est assez comparable, avec en plus le test d’installations vehicle to home

Tester la contribution du gaz

A noter que GRDF est aussi associé à ce chantier électrique, ce qui constitue l’une des originalités d’Interflex. Le projet veut mesurer les services-système que peut rendre le gaz. GRDF va ainsi installer notamment des appareils de mini et micro-cogénération à moteur, c’est-à-dire des chaudières au gaz de différentes puissances, avec un moteur pour produire de l’électricité et soutenir ou soulager le réseau si besoin. Les chaudières seront pilotées par Engie et EDF.

Nice Smart Valley va aller assez vite désormais. La plateforme de test doit être prête d’ici juin prochain, l’expérience menée pendant un an et les conclusions livrées fin 2019. Le chantier européen de flexibilité réseau associe 4 autres pays (Suède, Allemagne, République Tchèque et Pays-Bas) et 20 entreprises : fournisseurs et distributeurs d’électricité et de gaz, fabricants de matériels, experts en smart grids, notamment les centres de recherche AIT, TNO et RWTH. Lancé en janvier dernier, il est doté de 6 démonstrateurs et de plus de 22 M€ de budget.