Osmia butine 1 M€ lors d’un deuxième tour de table

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Nid d’osmies sauvages (Crédit : Wikipédia)

Opérateur de pollinisation pour les cultures fruitières, Osmia lève 1 M€ auprès de ses actionnaires historiques (Aquiti Gestion, Emertec et Expanso) et de deux nouveaux, le Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit Agricole Aquitaine Expansion, ces deux derniers apportant 70% de la levée. Elle succède à un premier tour de table en 2015, de 0,5 M€. Les deux co-fondateurs d’Osmia, Franck Mariambourg et Thibaut Dancette, conservent une courte majorité du capital.

Les fonds obtenus vont servir à accélérer le développement en France, s’implanter en Italie et industrialiser certaines phases de l’élevage des insectes pollinisateurs. Ceux-ci sont des abeilles sauvages et solitaires, donc sans ruche et peu productrices de miel. Elles appartiennent à l’espèce Osmia – il existe 20 000 espèces d’abeilles dans le monde. Selon la start-up, elles présentent plusieurs traits favorables à la pollinisation des parcelles d’arbres fruitiers, en tout premier lieu les pommiers et les pruniers. « Nos abeilles disposent d’un rayon d’action court, entre 50 et 100 mètres, emportent beaucoup de pollen sur leur brosse ventrale et sortent même lorsque la température est fraîche », explique Franck Mariambourg. La pollinisation serait ainsi mieux ciblée et plus complète ; les fruits gagneraient en quantité et en qualité.

Un essor lié au déclin de la pollinisation naturelle

Franck Mariambourg affirme que cette action ne vient pas concurrencer ...

l’action des pollinisateurs naturels et donc ne perturbe pas le milieu. Elle devrait plutôt être considérée comme une pollinisation optimisée, à la manière d’un engrais. En revanche, le dirigeant estime que le succès de sa société est bel et bien lié en partie à la mortalité qui affecte les pollinisateurs en général, abeilles domestiques comprises, et qui s’accélère.

En 2016, les abeilles de cette société située à Agen (Lot-et-Garonne) ont été sollicitées dans 450 hectares, dans le Sud de la France. Cette année, entre 1 000 et 1 500 hectares devraient être « traités ». Osmia anticipe une forte demande, dans d’autres régions, par exemple chez les prunéiculteurs alsaciens, dans la vallée de Loire et en Italie du Nord. Les insectes devant être déployés rapidement lorsque les arbres entrent en floraison, Osmia va devoir étendre ses « bases opérationnelles », c’est-à-dire les points de stockage des abeilles sous température contrôlée.

Un élevage en partie « industrialisé » 

La société veut aussi mécaniser certaines étapes de l’élevage, par exemple le tri et le nettoyage des cocons et mieux gérer informatiquement son plan d’activités. Lesquelles sont complexes, car réparties dans de nombreuses parcelles agricoles et selon un calendrier défini au jour près. D’où l’importance de cette levée de fonds, qui devrait permettre à cette entreprise de 10 collaborateurs de mieux répondre à la demande.

Osmia ne se connaît pas de concurrents directs en Europe, pour l’instant. En revanche, elle s’inscrit sur un marché de la pollinisation où la solution la plus répandue est la location d’abeilles domestiques classiques et de bourdons. Pour compenser le déclin de la pollinisation naturelle, dû en partie aux pesticides, d’autres formules émergent, technologiques, comme les mini-drones pollinisateurs de l’Institut national japonais de science industrielle avancée (AIST).