InnoEnergy prépare une importante levée de fonds

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TBB (The Business Booster), édition 2017 à Amsterdam les 25 et 26 octobre (Crédit : DR)

La société européenne lancée en 2010 par l’European Institute of Innovation and Technology (EIT) s’apprête à changer d’échelle. Alors qu’elle accompagne actuellement 186 start-up, Diego Pavia, son CEO, a annoncé une prochaine augmentation de capital de l’ordre de 100 M€, à l’occasion de son événement annuel TBB (The Business Booster) à Amsterdam, les 25 et 26 octobre. Il espère finaliser l’opération d’ici à février 2018.

Suivre les tours de table 

Pourquoi ...

lever des fonds ? Pour pérenniser le modèle d’intervention et les intérêts d’InnoEnergy, financée aujourd’hui par l’EIT et des partenaires privés. Le fonctionnement de cette KIC (Knowledge Innovation Community) est simple : elle apporte un soutien (sous forme d’argent, accompagnement…) à des start-up de la transition énergétique en échange d’une partie de leur capital au stade du pré-amorçage. Le – bon – problème auquel elle est confrontée, c’est que ces jeunes poussent grandissent et réalisent des tours de table. « Si nous ne voulons pas être dilués dans les tours successifs, nous avons besoin de plus de moyens pour suivre les augmentations de capital », explique Diego Pavia. D’autant que certaines start-up lèvent d’emblée des sommes importantes, de plus de 4 M€. « Bien sûr, InnoEnergy ne remettra pas de l’argent dans toutes les sociétés de son portefeuille, mais nous voulons pouvoir le faire pour les plus prometteuses », précise le CEO.

Un fonds de 250 M€ en ligne de mire

Diego Pavia (Crédit : KIC InnoEnergy)

Les 100 M€ viendront uniquement d’acteurs privés, pas forcément tous européens. « Nous ne demandons pas le passeport de nos souscripteurs », précise le pragmatique Diego Pavia, lui-même créateur d’une entreprise et ancien dirigeant de groupes privés. Et dès que cette étape sera franchie, il s’attellera à une autre tâche : créer un fonds d’investissement doté de… 250 M€ ! Car le patron espagnol d’InnoEnergy en est persuadé : il y a un momentum en Europe pour la transition énergétique et il faut accélérer. « L’accord de Paris sur le climat a marqué une belle réussite fin 2015, aujourd’hui l’Europe prépare le Winter Package pour sa mise en oeuvre, nous devons nous inscrire dans cet élan », résume-t-il

Pour séduire les investisseurs, InnoEnergy peut s’appuyer sur un bilan plutôt flatteur après sept ans d’existence. Côté projets d’innovation, elle en soutient quelque 320 qui ont donné lieu à 77 dépôts de brevets, au lancement de 90 produits et services, et à l’ouverture de 3  sites de production. InnoEnergy a investi 170 M€ dans ces projets. Côté start-up, la structure en accompagne 186 et a permis d’en créer 106. Ces jeunes pousses ont levé plus de 72 M€ auprès de partenaires extérieurs.

Des services avant l’argent

« Le taux de survie de nos start-up après trois ans d’existence s’élève à 90%, c’est le meilleur du monde », se félicite Diego Pavia. Comment expliquer ce succès ? « Parce que nous apportons des services avant d’apporter de l’argent. Les créateurs de start-up ont souvent de solides compétences technologiques, mais ne sont pas des experts du recrutement, du financement ou du marketing. Nous les aidons à constituer la meilleure équipe pour faire réussir leur projet. Et ils profitent pleinement de notre réseau européen pour trouver des associés, sous-traitants, clients ou investisseurs ».

Pour l’instant, InnoEnergy n’a réalisé que quelques sorties. « Nous n’avons pas d’impératif sur le plan financier qui nous obligerait à une plus forte rotation de notre portefeuille, souligne Diego Pavia. Tant qu’elles ne sont pas à maturité, nous les gardons car elles se valorisent. Les sorties s’accéléreront d’ici 5 à 6 ans ».

Stockage et EnR 

Si InnoEnergy couvre tous les secteurs de la transition énergétique, certains sont plus actifs que d’autres. « Le stockage est clairement un game changer que ce soit pour la mobilité ou pour surmonter l’intermittence des renouvelables », estime Diego Pavia. Les énergies vertes sont aussi un domaine clé : « le solaire et l’éolien sont matures, mais les solutions d’optimisation des installations se multiplient. Et à moyen terme, la géothermie et les énergies marines vont également occuper une place importante dans le mix énergétique. Ce sont des secteurs que nous regardons de près ».

En France, 37 jeunes pousses sous serre

Dirigée par Richard Biagioni, la filiale française d’InnoEnergy accompagne 37 start-up. Les trois recrues les plus récentes sont Alpinov X, qui a mis au point une technologie de rupture pour produire de la neige artificielle en s’affranchissant des conditions environnementales et en consommant peu d’énergie, Quantom, un prestataire proposant des solutions pour optimiser la production des centrales photovoltaïques, et Ener-Pacte, qui exploite des centrales solaires en garantissant un revenu à ses propriétaires.