Biométhane : Cap Vert Energie concrétise sa stratégie basée sur les collectivités

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(Crédit : GRDF)

Le développeur-producteur Cap Vert Energie (CVE) annonce coup sur coup deux projets de biométhane, innovants à plus d’un titre. Le premier se trouve en région parisienne et affiche une capacité entre 220 et 250 Nm3. Le second en Nouvelle-Aquitaine, sur le site du port de Bordeaux, pour une puissance à définir. Les deux ont en partage une association étroite et possiblement financière avec un acteur régional.

A Ecuelles (Seine-et-Marne), l’opération ressuscite un projet de 2009 initié par Naskeo, baptisé Equimeth car fondé initialement sur une coopération avec des centres équestres. Il a été racheté fin 2016 par CVE. Et a depuis évolué vers un gisement multiforme en infiniment mélangé (et non plus voie sèche), les déchets provenant de l’agroalimentaire, la restauration collective et des exploitations agricoles. La mise en service est prévue pour 2020. Fait encore original dans la filière biométhane, le développeur s’associe avec la Société d’économie mixte (SEM) Energies Posit’if, émanation de la région Ile-de-France. La SEM pourra entrer à hauteur de 15% du capital du projet quand il sera entièrement développé.

La SEM tiers de confiance et facilitateur

Cet accord représente une première application concrète de l’offre formalisée pour les collectivités mise au point par CVE l’année dernière, selon une stratégie que pratique aussi Quadran. « Le principe de l’accord est triple : redonner au projet un ancrage territorial fort, nous accompagner sur les sujets techniques comme le foncier et les subventions, poser les bases d’une collaboration plus globale avec la région pour de futurs projets », explique Pierre de Froidefond, co-fondateur de CVE.

Concrètement, Energies Posit’if va mettre à jour les subventions prévues pour le projet initial et ...

fournies par la région et l’Ademe. Mais son rôle sur les projets peut aller plus loin. Comme l’explique Lisa Muller, chef de projet énergies renouvelables de la SEM, « nous jouons un rôle de tiers de confiance pour les différentes parties, en aidant par exemple les collectivités à cerner leurs besoins et leur marges de négociation avec les développeurs, à valoriser leurs apports, par exemple le foncier. » Pour sa part, le projet Equimeth réunit notamment la communauté de communes Moret Seine & Loing et le syndicat d’ordures ménagères Smictom.

Du biométhane maison pour les barges du port de Bordeaux 

A Bordeaux, l’opération est nettement moins avancée. Elle en est même aux prémices et c’est d’ailleurs ce qui singularise l’accord annoncé aujourd’hui par Cap Vert Energie et le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB), lors du salon des Entreprises publiques locales. Le port veut évoluer vers un solde énergétique neutre, voire positif. La production-consommation sur place de biométhane l’intéresse. Du coup, un programme soutenu financièrement par la Caisse des dépôts a été mis au point, dans lequel vient s’insérer un méthaniseur alimenté par les déchets locaux – par exemple les effluents de silos de céréales. Le biométhane produit pourra être brûlé par les barges de transport, entre autres.

Le projet a pris bonne tournure et une mise en service est même envisagée pour 2021. Mais tout est à développer d’ici là. Comme en Ile-de-France, une entrée dans la société de projet est possible pour le GPMB, lorsque le projet entrera en financement. Entre-temps, les déchets du port vont être récupérés par un autre méthaniseur dont CVE entame la construction à Saint-Antoine-de-Breuilh, à 50 km de Bordeaux. Ce qui sécurisera un peu plus l’approvisionnement de cette jeune unité.

Une équipe et un contrat « collectivités » 

Pionnier de la filière avec quelques autres, Cap Vert Energie a fait de la production de biométhane un axe stratégique et s’organise à cette fin. Il a recruté un spécialiste en 2016 puis vite mis au point une offre spéciale « collectivités ». L’entreprise marseillaise compte une centrale en exploitation, une autre en construction et une quinzaine de projets pour une capacité équivalente à 14 MW (3 500 m3/h).

Créée en 2013, la SEM Energies Posit’if est surtout axée sur la rénovation énergétique des copropriétés et son financement en Île-de-France. Mais depuis octobre 2016, elle a aussi lancé une activité énergies renouvelables et aide les collectivités à y voir plus clair dans leur potentiel, à le valoriser et à bien négocier avec les développeurs, entre autres missions. Un premier investissement a déjà été mené dans la société de projet Bi-Métha à La Rochette (Seine-et-Marne), à hauteur de 11% du capital. L’actionnariat de cette SEM est public à 85% (11 collectivités territoriales et 3 syndicats d’énergie), dont 57 % pour
la région, et 15% d’actionnariat privé : Caisse des Dépôts et Caisse d’Épargne d’Île-de-France.