[Exclusif] Baromètre de la performance des parcs éoliens avec Greensolver Index, 4e édition

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Après une première mise en ligne en mai 2016, voici la quatrième édition du Greensolver Index, publié sur un rythme semestriel par GreenUnivers.

Greensolver, gestionnaire indépendant de parcs éoliens, collecte depuis quatre ans des données clés sur la performance des machines : disponibilité réelle, fréquence des pannes, rapidité de réparation. Elles servent ensuite à comparer les performances des installations. Greensolver a créé à cette fin un outil : le Greensolver Index.

« Le « MTBF » et le « MTTR » sont deux indicateurs suivis par les exploitants les plus matures. Le benchmark en la matière, indépendant des données fournies par chaque turbinier, incite les propriétaires et les exploitants à poser des questions aux fabricants et à trouver les raisons des éventuelles contre-performances des matériels.

Les performances moyennes observées par Greensolver au premier semestre 2017 sont faibles. Parmi les motifs possibles, l’un des principaux serait… la croissance actuelle du marché. « Certains turbiniers ont du mal à étoffer leurs effectifs en France en proportion des nouvelles installations. Des centres de maintenance se trouvent en outre trop éloignés des parcs éoliens. Si le premier diagnostic de panne, fait à distance, se révèle erroné, alors les équipes partent avec des pièces détachées en fait inutiles et sont obligées de faire de longs déplacements… », estime Guy Auger, PDG de Greensolver. Les raccordements éoliens ont bondi de 45% l’année dernière, avec 1,5 GW supplémentaire.

1) Disponibilité : 98,5%

1er  : Enercon  (98,9%)
Disponibilité moyenne en ...

2016 : 98,5%
1er en 2016 : Enercon (99%)

La disponibilité exprime le temps pendant lequel l’éolienne est en parfait état de fonctionnement. La majorité des contrats de maintenance des turbiniers garantissent une disponibilité à 97%. Selon Guy Auger, « la disponibilité reste élevée pour un premier semestre où la ressource vent n’est vraiment pas exceptionnelle« .

2) MTTR moyen : 5,6 heures

1er : Enercon avec 4,2 heures
MTTR moyen en 2016 : 4,2 heures
1er en 2016 : Enercon avec 1,5 heure

Le « MTTR » (mean time to repair) représente le temps moyen d’intervention lorsque surgit une panne. Cet indicateur évalue la performance de l’équipe de maintenance (du fabricant ou d’un prestataire indépendant). Elle dépend notamment de la capacité à obtenir vite les pièces détachées. L’indicateur s’est dégradé fortement au premier semestre : + 1,3 heure par rapport à la même période en 2016 et + 1,4 heure par rapport aux douze mois 2016. « Nous nous sommes de plus en plus sensibles aux délais d’intervention et essayons d’imposer des délais maximum ou au moins un reporting clair sur cet aspect, avec une différenciation claire entre pannes majeures et mineures », fait remarquer Guy Auger.

 3) MTBF moyen : 418,6 heures

1er : Vestas, avec 588,3 heures
MTBF moyen en 2016 : 651 heures
1er en 2016 : Vestas, avec 1 577 heures

Le « MTBF » (mean time between failure) exprime le temps moyen entre deux pannes. Là aussi, les indicateurs sont mal orientés, avec une baisse de 113,5 heures par rapport au premier semestre 2016. Les écarts entre turbiniers peuvent être importants et les performances d’un même turbinier varier considérablement d’une année à l’autre, comme c’est le cas ici. Guy Auger émet une hypothèse : des défauts sur certaines séries, lors de la fabrication.

4) Taux de charge moyen en France : 23%

Taux de charge moyen en 2016 : 23,3%
Le taux de charge est faible au premier semestre et l’était déjà l’année dernière.  Par comparaison, il était de 25,1% pour l’année 2015. « La ressource est médiocre et l’année est mal partie », commente Guy Auger.

Méthodologie
Les informations sont fournies une fois par mois par douze propriétaires de parcs éoliens, dont certains sont clients de Greensolver ; Greensolver Index est ouvert à tous. La capacité totale analysée approche 1,7 GW, dont 919 MW installés en France et le reste en Europe : Allemagne, Royaume-Uni et Italie. Les données, en provenance de 114 parcs éoliens, portent notamment sur le comportement des turbines des huit principaux fabricants.