Stockage : la Grande-Bretagne donne désormais le la en Europe

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(Crédit : EDF)

Clean Horizon est plus que positif sur les perspectives du stockage en Grande-Bretagne. L’analyse approfondie que vient de réaliser ce cabinet d’études spécialiste du stockage d’énergie met en évidence un potentiel considérable de 12,4 GW, dont 6,8 GW issus de l’effacement surtout industriel, 3,6 GW de l’autoconsommation solaire et 2 GW de la régulation de fréquence.

Le boom de la réserve Lucky Luke

Pour l’instant, c’est surtout sur ...

ce dernier segment que les affaires se concluent, suite à l’appel d’offres historique du National Grid (réseau de transport national) en 2016. En sont sortis 200 MW sur huit projets lauréats, dont certains d’EDF Energy Renewables. « Tous les projets, qui portent sur une réserve ultra-rapide (moins d’une seconde de réaction) sont en cours d’installation ; certains développeurs comme RES sont même en avance sur le planning », constate Corentin Baschet, analyste de Clean Horizon et auteur de l’étude.

A ces 200 MW contractualisés et donc manifestement en voie de concrétisation s’ajoutent 500 MW de stockage issus des enchères sur le marché de capacités, dont 100 MW se recoupent avec les projets de l’appel d’offres. Le tout contribue à faire de la Grande-Bretagne le premier marché du stockage en Europe selon Clean Horizon, devant l’Allemagne et l’Outre-mer français. C’est une sorte de big bang que vivent les réseaux d’Outre-Manche en ce moment, avec pour origine essentielle, selon Corentin Baschet, les impératifs d’intégration des énergies renouvelables. « Ces dernières années, le mix énergétique britannique a incroyablement changé. Encore important en 2012, le charbon a été éradiqué en 2016 », observe-t-il.

Source: Electricity statistics from Department for BEIS (Business, Energy & Industrial Strategy)

Nouvelles offres en 2018

S’ajoute à cela une pointe de consommation de moins en moins prévisible, ce qui est l’une des conséquences de l’effet dissuasif des taxes sur l’utilisation des réseaux en période critique. D’où les besoins croissants d’équilibrage quasi instantané du réseau, d’une part, et de flexibilité plus globale de l’autre, à la fois dans le réseau de transport et les réseaux de distribution. Le tout conduit le pays à stimuler de gros programmes de recherche et son National Grid à lancer de nouvelles offres en 2018, sur des bases révisées et en cours d’élaboration. Nul doute que la nouvelle politique de services systèmes qui en résultera – et la possibilité ou non pour le gestionnaire de réseau de détenir des capacités de stockage – sera scrutée par tous les grands opérateurs en Europe. Ils feront de même sur les prochaines enchères sur le marché britannique de capacités (les disponibilités pour l’hiver 2021), elles aussi fondées sur de nouvelles règles avec possiblement des demandes accrues de stockage.