Plocan, un laboratoire pour les EMR au milieu de l’Atlantique

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(Crédit : Plocan)

Plocan est une structure scientifique visant à faciliter l’industrialisation des technologies marines, notamment dédiées aux énergies marines renouvelables (EMR). Depuis mars, le consortium s’est doté d’une plateforme d’essais en plein océan Atlantique, au large des Canaries. Les projets qui y sont menés visent à tester grandeur nature des technologies de rupture, ou des systèmes d’optimisation. Reportage.

Un laboratoire sur l’océan

A la sortie de la ville de Las Palmas, on ne peut pas la rater : la Plateforme océanique des Canaries, un laboratoire scientifique posé à 1,5 kilomètre des côtes de l’archipel espagnol. L’édifice blanc cumule une superficie totale de 2 500 m2 répartis sur 7 niveaux pour un poids d’environ 32 tonnes. Il peut accueillir simultanément une quarantaine de personnes. Il est équipé d’une grue télescopique, d’un hangar pour recevoir les équipements, d’un héliport et d’un centre de contrôle qui pilote tous les systèmes.

La plateforme n’est que la partie émergée de l’iceberg. Elle se situe sur une zone de 23 km2 d’une profondeur n’excédant pas 30 mètres, réservée aux membres de Plocan pour réaliser toutes sortes d’expériences de moyen et long terme. Le site est idéal pour tester en conditions réelles les prototypes d’énergies marines basées aussi bien sur le vent que sur les vagues ou encore les courants, très forts sur le site canarien. Deux lignes sont opérationnelles pour évacuer l’électricité produite par les Emr.

Des projets innovants

Undigen, convertisseur d’énergie des vagues (Crédit : Plocan)

Depuis sa création en 2007 et donc avant même la construction de la plateforme, Plocan exploitait déjà la zone réservée à partir de ses infrastructures terrestres, à Taliarte. Le consortium scientifique compte à son actif 17 projets finalisés, dont Undigen. Ce convertisseur d’énergie des vagues intègre un nouveau système de génération linéaire d’une puissance de 200 kW. Il est mené par consortium espagnol. On peut citer également Orpheo qui a développé et testé un concept de plate-forme hybride flottante exploitant l’énergie éolienne et l’énergie des vagues.

Parmi les projets en cours, WIP 10+ entend répondre au défi de l’éolien flottant en expérimentant son prototype de tripode flottant sur lequel seront installés deux éoliennes d’une puissance allant jusqu’à 6 MW chacune. Il est mené par trois espagnols EnerOcean, Ingeteam Service, Ghenova Ingeniería, et un britannique Tension Tech International. Les essais, qui dureront jusqu’au 31 décembre 2018, devront permettre de valider (ou non) les estimations numériques des forces et mouvements, la résistance de l’ingénierie, des amarres et la plateforme en général.

Projet WIP 10+ pour l’éolien flottant (Crédit : Plocan)

Aider les start-up

Plocan est un consortium public privé qui se fixe avant tout comme objectif de partager les connaissances sur les technologies marines. Si les près de 400 membres – dont 49 français tel que EDF, CNR ou encore l’Ifremer – sont surtout des universités et des Instituts de recherche, les start-up des énergies marines y ont trouvé un incubateur idéal : « Nous souhaitons être une force mobilisatrice pour des projets en phase critique de développement. Nous intervenons au moment où les coûts augmentent sensiblement, ainsi que le risque d’échec. Nos services permettent d’accélérer cette phase délicate sans que la start-up ait besoin d’engager des sommes élevées pour tester ses prototypes », explique Octavio Llinás, directeur de Plocan.

Plocan offre aux jeunes pousses un espace marin préparé pour accueillir des expériences, une connexion électrique pour évacuer le courant, des installations informatiques et surtout aucun permis administratif à obtenir. Quid de la distance ? La question fait sourire Octavio Llinás qui l’a souvent entendue : « L’île dispose d’un grand port pour recevoir les équipements, c’est un point de transit maritime international important. Par ailleurs, l’île est également très touristique et les vols sont peu chers. Enfin, nous disposons de ressources naturelles (vagues, vent, courants) et d’une base de données très précieuses ».

Partenariat européen

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