Après 2016, toujours pas de vent en 2017

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Source : Flickr/Groman123

« Après une année 2016 peu énergétique en termes de gisement éolien, le bilan du premier semestre 2017 indique une ressource particulièrement faible sur la majorité des zones de développement éolien en France », constate le bureau d’étude indépendant Eoltech. Dans la moitié nord de la France par exemple, des mois de printemps assez peu ventés ont fait suite à un mois de janvier présentant une ressource exceptionnellement faible. Plus précisément, selon Eoltech, le manque à gagner  ...

en production a pu atteindre 10 à 20% de moins que ce que l’on peut attendre en moyenne sur cette période (cf. le graphique Irec Index ci-dessous, réalisé par Eoltech).

Si le semestre à venir, et notamment une fin d’année ventée pourrait éventuellement permettre d’approcher une année moyenne, ce premier semestre représente l’un des moins énergétiques sur les 15 dernières années.

Un phénomène intégré dans le calcul d’incertitude

Ce constat, que certains développeurs n’hésitent pas à corréler au changement climatique, a-t-il déjà un effet sur le modèle économique des projets ? Oui, mais il ne met pas en péril les projets pour autant, au moins pour l’instant. « Ces données sont prises en compte dans nos études. L’analyse du gisement d’un parc en financement intègre des données historiques, sur 15 à 20 ans. Le mois de janvier 2017 n’a donc pas plus d’importance statistique que tous les autres mois de janvier », explique Pauline Levée, responsable du développement en zone Emea de la société d’études UL-Dewi. D’autres périodes de vent faibles ont été observées par le passé, notamment en 2010-2011. Cette experte précise aussi et même surtout que les écarts importants d’une année à l’autre, comme c’est le cas depuis 2015, sont pris en considération grâce au calcul d’incertitude.

Un problème bien réel pour les producteurs

Bref, selon UL-Dewi, les développeurs et les banquiers n’ont pas de raisons de s’inquiéter pour l’instant, ce qui serait le cas si la baisse devait se confirmer sur plusieurs années. Cela dit, pour les toutes jeunes fermes éoliennes entrées en service ces derniers mois et dont les productibles ont été calculés sur de plutôt bonnes années, un réajustement peut se révéler nécessaire sur la base des données réelles (Scada) et non plus des prévisions, mais sur une période d’au moins un an, estime UL-Dewi. La baisse de la ressource affecte aussi, bien entendu, les revenus des exploitants de parcs plus anciens, d’autant qu’elle est accentuée en hiver, une saison où le vent est en général plus abondant.